Au moment où Mohamed Chorfi, le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), annonçait les résultats préliminaires des élections présidentielles, des milliers de manifestants marchaient dans les rues et criaient leur soif de changement. Et ils ont bien raison. Ils ont raison de ne pas être découragés, ni démotivés car la proclamation d’Abdelmadjid Tebboune comme Président de la République n’est guère une défaite pour le Hirak. 

D’abord, le Hirak a réussi à perturber fortement le processus électoral. Hier jeudi, le jour du scrutin présidentiel, il a su démontrer à toute la communauté internationale que ces élections ne reflètent aucunement la volonté populaire. Et même les chiffres officiels communiqués par l’ANIE confirment la force et la puissance du Hirak puisqu’à peine 39,83% des électeurs algériens ont participé à ce scrutin présidentiel. Cela signifie que le nombre de votants est de seulement 9.692.077. Il s’agit donc d’une ultra-minorité par rapport aux millions d’Algériens qui sont mobilisés chaque vendredi dans les rues par le Hirak et ce ce depuis le 22 février dernier. Le Hirak sort donc vainqueur de ce bras-de-fer avec le pouvoir algérien puisque ce dernier a été contraint de désigner un nouveau Président de la République en s’appuyant sur une petite minorité au détriment de la grande majorité  des Algériens.

En plus, les voix  d’Abdelmadjid Tebboune ne dépassent même pas les 5 millions d’Algériens. Pour un pays dont la population globale dépasse les 43 millions de personnes, ce nouveau Président de la République jouit donc d’une légitimité entièrement entachée et discréditée. Ce qui renforce ainsi la crédibilité du Hirak qui demeure de ce fait la seule force politique populaire au sens propre du terme.

De ce point de vue, le Hirak sort gagnant car c’est lui qui détient les clés de la légitimité populaire. Le Hirak sort gagnant parce que le pouvoir algérien est finalement resté encore minoritaire grâce à cette protestation populaire qui lui ôte toute possibilité de reprendre le contrôle de la rue et du pays.

Le Hirak est également le gagnant grâce à son pacifisme ingénieux qui le rend sympathique et juste aux yeux du monde entier. Un pacifisme qui a déjoué toutes les manipulations ordurières du pouvoir algérien en lui permettant de poursuivre sa mobilisation régulière chaque vendredi jusqu’à ce que cette grande démonstration de force le jour même du scrutin présidentiel, à savoir hier jeudi 12 décembre. Une démonstration au cours de laquelle le Hirak a prouvé tout bonnement que le peuple rejette la feuille de route politique du pouvoir algérien.

Ce vendredi 13 décembre, des milliers d’Algériens manifestent encore dans les rues en clamant « ALLAH Akbar, le vote mezouar ». La rue appartient toujours au Hirak. Quant à la minorité qui vient d’élire Tebboune, elle reste enfermée dans des espaces clos entièrement déconnectés des réalités quotidiennes de l’Algérie. Et dans aucun pays dans le monde, une petite minorité ne peut prétendre décider pour une grande majorité.

 

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