Ouverture et alimentation des comptes en devises : énorme confusion et une grande pagaille en Algérie

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Plus personne ne rien en Algérie au sujet de l’ouverture et alimentations des comptes bancaires en devises. La Banque d’Algérie a semé une énorme pagaille et entretient une grande confusion qui témoigne de l’amateurisme avec lequel l’Etat algérien est géré en ce moment. Ainsi, ce mardi 10 décembre, la Banque d’Algérie a pondu une nouvelle note pour l’adresser à toutes les banques établies en Algérie. Et dans cette note, elle aggrave encore le manque de clarté et multiplie les contradictions sans expliciter l’orientation que les banques agrées et activant en Algérie doivent adopter au sujet de la gestion des comptes en devises. 

Dans cette dernière note de la Banque d’Algérie, « les banques sont invitées, dans le cadre de la promotion de l’inclusion financière relative à l’épargne en devises des particuliers, à faciliter l’ouverture desdits comptes et de leur alimentation, à l’instar de ceux libellés en monnaie nationale, dans le respect du dispositif législatif et réglementaire en vigueur », explique-t-on.

Mais dans un autre paragraphe, à la facilitation que réclame aux banques algériennes ou étrangères agrées pour exercer leurs activités en Algérie, la Banque Centrale ajoute l’impératif de respecter « les seuils de référence fixés par voie légale et réglementaire, se rapportent aux déclarations douanières que doivent observer les voyageurs résidents et non-résidents, en provenance de ou à destination de l’étranger, en conséquence, toute disposition contraire est nulle et non avenue ». Cela signifie-il que les Algériens ne doivent pas déposer au-delà de 1000 euros dans leurs comptes en devises s’ils ne présentent pas une déclaration douanière en bonne et due forme ? Oui, apparement puisque de nombreux algériens ont été confrontés à cette interdiction depuis plusieurs jours au niveau des guichets de leurs banques.

Et pourtant, le ministre des Finances, Mohamed Loukal est intervenu le 7 novembre 2019 pour corriger la Banque d’Algérie en expliquant que l’obligation à de déclarer l’origine des dépôts bancaires en devises « concerne exclusivement les étrangers ».

Pour rappel, la Banque d’Algérie avait demandé aux banques dans une correspondance datée du 27 octobre écoulé, que  « toute alimentation d’un compte devises pour un montant égal ou supérieur à l’équivalent de mille (1.000 euros) doit être appuyée, préalablement, par une déclaration douanière d’importation de ce montant ».

Mohamed Loukal a expliqué que les autorités algériennes n’envisagent nullement de de supprimer l’exemption accordé aux citoyens algériens, en juin 2018, de déclarer la source d’alimentation en monnaie nationale et en devises. « Cette mesure incitative a permis de drainer environ 500 millions de dollars en nouveaux dépôts en seulement sept (7) mois », s’était réjoui Mohamed Loukal qui avait mis l’accent sur l’impératif d’asseoir « la confiance entre le client, l’administration et les banques ».

Un mois plus tard, la Banque d’Algérie reprend presque la même directive et torpille elle-même « cette confiance » qui doit s’établir entre les clients et les banques. Elle réinstaure une nouvelle fois l’obligation des « déclarations douanières » pour autoriser les algériens et algériennes à verser des devises dans leurs comptes bancaires. Dans sa nouvelle note, la Banque d’Algérie n’explique pas le « seuil » précis pour lequel les banques algériennes doivent exiger une déclaration douanière. Mais sur le terrain, les clients algériens se retrouvent empêchés de verser au-delà de 900 euros dans leurs comptes devises s’ils ne présentent pas une déclaration douanière justifiant la provenance de ces devises.

Une mesure coercitive qui ralentit justement l’intégration dans le circuit des bancaires des devises en circulation dans le marché informel. Une manoeuvre qui encourage le business des barons des squares et cause un énorme préjudice à l’économie algérienne.

 

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