Grève générale, manifestations, bagarres devant les consulats à l’étranger : fin de la campagne électorale dans un climat très tendu

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Jamais, au grand jamais, l’Algérie n’a connu une élection présidentielle dans un climat aussi particulier, aussi hostile et aussi tendu. Ce dimanche 8 décembre, les 5 candidats aux élections présidentielles dont le scrutin doit se dérouler le 12 décembre prochain ont animé leurs derniers meetings en guise de fin de la campagne électorale. Et cette dernière journée fut très intense en émotion car le rejet de la population algérienne de ce scrutin imposé par l’institution militaire est de plus en plus accentué. 

Preuve en est, une grève générale a commencé ce dimanche 8 décembre. Une grève qui n’a pas, certes, paralysé tout le pays comme le souhaitaient les activistes du Hirak. Mais elle a été suivie tout de même à travers de nombreuses localités du pays et pas qu’en Kabylie. Le bilan de la première journée est, peut-être, mitigé. Mais une première victoire s’impose tout de même car cet appel à la grève générale ne s’est pas cantonné uniquement à la Kabylie. A Alger, plusieurs commerçants ont suivi le mode d’ordre de cette grève dont l’objectif est de mettre la pression sur le régime algérien qui refuse de concrétiser les revendications démocratiques des Algériens.

Force est, en effet, de constater que des magasins à Kouba, Alger-centre, Hussein Dey et El-Harrach ont fermé leurs rideaux. A Sétif, Oran ou Constantine, les autres grandes villes du pays, plusieurs commerces ont adhéré également à cette grève générale. Bien sûr, il faut le dire encore une fois, cet appel du 8 décembre n’a pas suscité l’engouement général et populaire comme il était tant espéré par le Hirak. Toutefois, cet appel à la grève général a permis de gâchis la fin de la campagne électorale en démontrant que de nombreux algériens, et algériennes, sont prêts à s’engager dans des formes de protestation plus radicales pour dire non à la feuille de route du régime algérien.

La colère populaire des Algériens gronde aussi à l’étranger où depuis hier samedi de nombreux rassemblements ont été organisés devant tous les consulats algériens en France, Canada, Italie et ailleurs à travers le monde pour bloquer l’opération du vote et le déroulement du scrutin présidentiel au profit de la diaspora algérienne. Les images de ces consulats envahis par des foules en colère criant des slogans politiques hostiles au pouvoir algérien ont fait le tour du monde. En France, le pays qui abrite la plus grande communauté algérienne à l’étranger, des forces de sécurité ont été contraintes d’intervenir pour veiller sur la « sécurité » de la minorité des ressortissants algériens qui avait décidé de participer à « la mascarade électorale ».

Ces images ont discrédité terriblement le régime algérien aux yeux de la communauté internationale. Les images de ces protestations ont illustré le rejet massif de la population de ces élections dénouées de tout fondement démocratique.

Mais ces images sont, surtout, un avant-goût de qui attend le régime algérien le 12 décembre prochain, date du scrutin présidentiel sur l’ensemble du territoire national. Ce jour-là, le Hirak risque de mobiliser dans les rues des millions de gens qui pourront manifester toute la journée devant les bureaux de vote au risque de provoquer des affrontements, ou du moins des frictions, avec les forces de l’ordre.

Le pouvoir algérien est conscient de ce danger et pour parer à cette situation, un plan de sécurité de grande envergure a été élaboré par le… ministère de la Défense Nationale. Les forces militaires seront mobilisées et déployées dans plusieurs centres névralgiques du pays pour protéger les bureaux de vote, certifient de nombreuses sources. Malheureusement, ce dispositif ne risque pas de décourager une population algérienne en colère et qui n’a plus rien à perdre…

 

 

 

 

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