Le milliardaire Ali Haddad, la deuxième fortune en Algérie et l’homme qui avait accumulé énormément de privilèges durant le long règne d’Abdelaziz Bouteflika, a dévoilé tous les dessous des mécanismes du financement de la campagne électorale du 5e mandat d’Abdelaziz Bouteflika. Face aux juges du tribunal de Sidi M’hamed, Ali Haddad est passé aux aveux. Le patron de l’ETRHB, le deuxième groupe privé en Algérie et premier groupe privé de BTP, a reconnu que c’est Said Bouteflika l‘avait contacté personnellement le 25 janvier 2019 pour lui demander de l’aide et du soutien financer. 

« Le 25 janvier 2019, Said Bouteflika m’appelle pour me dire qu’ils nous faut de l’argent pour lancer la campagne électorale. Je lui ai dit je t’aiderai avec tout ce que je peux », témoigne ainsi Ali Haddad, enfermé à la prison d’El-Harrach depuis le 3 avril dernier, en guise de réponses aux questions du juge qui préside la séance de ce procès pour corruption organisé au tribunal de Sidi M’hamed. « Le 6 février, Said Bouteflika m’a contacté pour me dire qu’il faut dissimuler l’argent qui était caché dans la villa de Hydra servant de siège pour le QG de campagne. A l’époque, Said Bouteflika était au courant que certaines personnes parlaient ouvertement des 600 milliards de centimes récoltés pour financer la campagne du 5e mandat », révèle encore Ali Haddad selon lequel c’est Said Bouteflika qui l’avait désigné pour récolter les fonds nécessaires au financement de la campagne électorale du 5e mandat.

Ali Haddad a avoué par la suite qu’il avait caché une partie de l’argent de la campagne électorale dans son propre bureau à la direction générale de l’ETRHB à Dar El-Beida. « J’avais planqué plus de 12 milliards de centimes dans mon bureau », a reconnu encore Ali Haddad et ce dernier a raconté qu’il versait régulièrement de l’argent à Said Bouteflika. Le patron de l’ETRHB a parlé d’un versement en cash de 5 milliards de centimes et d’un deuxième versement de 2,5 milliards de centimes. Ali Haddad se montre, par ailleurs, très précis et explique qu’il avait comptabilisé pas moins de 100 milliards de centimes mobilisés grâce à ses efforts et ses interventions pour financer la campagne électorale.

Ali Haddad conclut son témoignage sur un ton sarcastique et moqueur en affirmant au juge qui l’interrogeait : « monsieur le juge, vous savez comme tout le monde que Said Bouteflika était celui qui dirigeait son frère malade le Président de la République ! »

 

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