Répression, propagande, censure et folklore politique : l’Algérie, une Egypte-bis !

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L’Algérie sombre de jour en jour dans la dictature. Des détenus d’opinion qui remplissent les prisons, des personnalités politiques enfermées dans les geôles pour leurs positions, des manifestants réprimés, massivement interpellés par les forces de sécurité, des médias lourds et étatiques au service de la propagande en faveur de l’agenda de l’institution militaire et des médias libres, indépendants entièrement censurés, l’Algérie marche bel et bien sur les pas de l’Egypte de Sissi, le dictateur militaire égyptien. 

Ce n’est plus une crainte. C’est, malheureusement, une réalité amère que les Algériens et Algériennes subissent au quotidien. Certes, à l’époque d’Abdelaziz Bouteflika, l’Algérie n’était pas une démocratie. Loin s’en faut. Mais jamais la répression des forces de sécurité, les arrestations musclées et les emprisonnements des opposants n’ont connu une telle dimension alarmante. Sous l’ère de Gaid Salah et des généraux du haut commandement militaire de l’ANP, les libertés publiques et politiques en Algérie connaissent leur pire hiver. Un recul dramatique des libertés qui se traduit par plus de 140 détenus d’opinion et politiques. Rien que depuis le début de la campagne électorale, les services de sécurité ont procédé à l’arrestation de près de 400 manifestants et activistes du Hirak.

Et ces chiffres ne sont pas officiels car ils ne reflètent que les cas que l’on a pu vérifier. Dans les autres régions éloignées du pays, il demeure difficile de « quantifier » la répression qui s’exerce à l’encontre des activistes du Hirak, ce mouvement populaire qui a commencé de manière grandiose dans les rues du pays le 22 février dernier.

Ce tableau, certes sombre mais dressé en toute objectivité, nous rappelle exactement l’Egypte de Sissi et du diktat militaire sur la vie politique d’un pays dont la révolution a été brutalement étouffée. Fort heureusement, il n’y a pas eu d’interventions sanglantes de la part des formes armées en Algérie pour neutraliser ou éliminer une force politique comme le frères musulmans. Oui, le sang n’a pas coulé. Mais les larmes si.

Les larmes de ces familles des détenus d’opinion qui ont été dispersées et réprimées sans aucune hésitation lorsqu’elles ont tenté de tenir un rassemblement jeudi à Alger. Les larmes ont coulé. Oui, beaucoup de larmes comme celles de la famille de l’artiste et dessinateur NIM, emprisonné à Oran pour ses dessins et oeuvres d’art critiques envers Gaid Salah et les autres dirigeants algériens.

Sans oublier les larmes de ces journalistes qui ne peuvent plus s’exprimer, de ces juges contraints de placer sous mandat de dépôt des jeunes manifestants pacifiques, etc. L’Algérie est peut-être moins brutale, du moins pour le moment, que l’Egypte. Mais les décideurs militaires algériens emboitent le pas à Sissi, le dictateur égyptien, et transforment de jour en jour l’Etat algérien en une annexe de l’Etat-Major de l’ANP.

Et pour imposer les formes et le nouveau ordre établi, une inédite propagande médiatique est enclenchée par tous les médias lourds, les télévisions privées comme étatiques, dans le seul but de persuader les Algériens que sous l’égide de l’autorité de l’armée, le bonheur et la sécurité sont garantis. Une absurde régression digne des temps du totalitarisme soviétique. L’Algérie mérite mieux, beaucoup mieux.

 

 

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