Exclusif. Au consulat d’Algérie à Genève : des milliers d’euros par mois pour la République des « copains » et des « copines »

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L’Etat algérien patine officiellement dans une délicate crise financière qu’il essaie de dépasser avec, de surcroit, une crise politique des plus compliquées de l’histoire contemporaine de l’Algérie. Mais en dépit de ce contexte très sensible, à Genève, en Suisse, au niveau du Consulat d’Algérie, plusieurs fonctionnaires jouissent d’un train « de vie princier » grâce à leurs salaires mirobolants parce qu’ils ont été recommandés par des dirigeants et hauts responsables du régime algérien. 

En effet, nous avons découvert au cours de nos investigations que de nombreux cadres du consulat d’Algérie à Genève occupent leurs postes depuis plusieurs années sans faire preuve de la moindre « productivité » ou « exemplarité ». Pis encore, certains de ces fonctionnaires continuent d’occuper leurs fonctions alors qu’ils sont régulièrement absents dans leur travail et conservent leurs salaires malgré un flagrant déficit d’efficacité.

Il en est ainsi du fils du défunt Colonel Lotfi, l’un des symboles de la Guerre d’Indépendance. Lotfi Dghine est effectivement le fils du défunt responsable de la Wilaya V (Oranie) de la guerre de libération de 1958 à 1960, et travaille au Consulat d’Algérie depuis près de 20 ans ! Chaque mois, il touche l’équivalent de… 8000 euros. Une importante charge pour la représentation diplomatique algérienne et pour le Trésor public qui est versée chaque mois pour ce fonctionnaire qui suscite une vive polémique depuis longtemps. En effet, de nombreux ressortissants algériens à Genève se sont plaints ouvertement du comportement de ce fonctionnaire du Consulat d’Algérie hostile et inélégant à leur égard. Mais ces plaintes n’ont jamais donné une quelconque suite et à ses détracteurs, le sieur Lotfi Dghnine ne manque jamais de rappeler que l’Algérie a été « libérée » grâce aux sacrifices de son père.

Avec cette phrase magique, Lotfi Dghine a pu conserver pendant toutes ces longues années des privilèges financiers qui lui permettent de vivre comme « un prince » choyé par la diplomatie algérienne à Genève. Au Consulat d’Algérie à Genève, nous retrouvons aussi la deuxième fille du défunt général-major, Abdelmalek Guenaizia, l’ancien chef d’Etat-Major de l’ANP de 1990 à 1993, qui est mort le 4 février 2019 à Genève. Si sa soeur fut l’un des cadres dirigeants de l’agence d’Air Algérie à Genève, la deuxième fille du général-major Abdelmalek Guenaizia occupe pendant des années un poste au niveau du Consulat d’Algérie qui lui permet de toucher un salaire équivalent à 6000 euros.

De nombreux autres fils et filles de dirigeants algériens ont bénéficié de postes et de salaires onéreux au Consulat d’Algérie à Genève dont le budget de fonctionnement revient énormément cher au Trésor public de l’Etat algérien. Nous pouvons citer ainsi la fille de l’ancien ministre de la Culture et de la Communication de 1995 à 1997, Mihoubi El Mihoub, la soeur de Wahid Bouabdellah, l’ex-PDG d’Air Algérie, le mari de la fille du défunt général général Mohamed Atailia, l’homme qui fut considéré comme l’un des hauts gradés les plus influents de la hiérarchie militaire algérienne depuis les années 90 jusqu’aux années 2000, qui touchait jusqu’à l’équivalent de 5000 euros par mois.

Il avait démissionné à la suite d’un scandale étouffé dans un silence intriguant par le ministère des Affaires Etrangères à Alger, à savoir l’utilisation frauduleuse du cachet officiel du consulat d’Algérie à Genève. Zineb Alouane, une fonctionnaire âgée de 39 ans, est l’autre cas qui illustre parfaitement la dimension alarmante du favoritisme qui ronge profondément le fonctionnaire du consulat d’Algérie à Genève. Très proche de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, et l’ancien ambassadeur à la mission d’Algérie auprès de l’ONU à Genève, Delmi Boudjemaâ, qui fut aussi l’ex-secrétaire général du ministère des Affaires étrangères à Alger, Zined Alouane touche chaque mois l’équivalent de 4500 euros pour un travail que l’on peut aisément qualifier d' »intérimaire ».

Toutes ces personnes, et de nombreuses autres qui font l’objet des investigations d’Algérie Part, jouissent de privilèges financés par l’argent du Trésor Public. Un argent dépensé sans aucun retour sur investissement puisque ces diplomates en poste à Genève, l’une des villes les plus chères et prestigieuses au monde, n’apportent absolument rien à l’Algérie. Ils n’ont jamais convaincu le moindre touriste ou homme d’affaires suisse d’investir dans notre pays. Le consulat d’Algérie à Genève est une véritable machine à sous qui ne sert pas à grand chose.

 

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