Comme il était prévu, le parlement européen a brisé officiellement ce jeudi le silence qui perdure depuis de longs mois sur l’Algérie. Une séance parlementaire a été consacrée depuis Strasbourg sur la situation des droits de l’homme en Algérie. Ce jeudi matin, depuis 10 H 00, plusieurs députés européens ont intervenu en pleine séance plénière de ce jeudi pour dénoncer les pratiques dictatoriales du régime algérien et la répression des activistes du Hirak. A la suite de ces débats, une résolution très sévère à l’encontre des autorités algériennes a été approuvée. 

Une dizaine de députés européens ont fait des interventions sur l’Algérie pour plaider la cause du Hirak Parmi ces députés, nous pouvons citer Kympouropoulos Stelios Kokalari Arba Frankowski Tomasz Kalniete Sandra de Lange Esther Polčák Stanislav et Vincze Loránt ou Vaidere Inese Bogdan sans oublier le député français Glucksmann Raphaël qui avait été le premier à jeter un pavé dans la mare en rendant public les manoeuvres de plusieurs lobbys visant à bloquer toute action contre le régime algérien par la commission européenne. Tous ces députés sont issus de plusieurs tendances politiques en Europe. Mais ils ont été tous d’accord pour dénoncer les pratiques du régime algérien et soutenir les revendications démocratiques du Hirak.

D’ailleurs, dans la résolution finale votée par le parlement européen, les députés européens ont condamné « vivement l’arrestation arbitraire et illégale, la détention, les intimidations et les attaques de journalistes, de syndicalistes, d’avocats, d’étudiants, de défenseurs des droits de l’homme et de la société civile ainsi que de tous les manifestants pacifiques qui participent aux manifestations pacifiques du Hirak ».

La même résolution du parlement européen demande aux autorités algériennes la libération immédiate et inconditionnelle de toutes les personnes inculpées pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression, et notamment Hakim Addad, Abdelouahab Fersaoui, Massinissa Aissous, Djalal Mokrani, Ahmed Bouider, Kamel Ould Ouali, Karim Boutata, Ahcene Kadi, Wafi Tigrine, Khireddine Medjani, Samir Belarbi, Karim Tabbou, Fodil Boumala, Lakhdar Bouregaa, Samira Messouci, Ibrahim Daouadji, Salah Maati, Sofiane Merakchi, Azeb El Cheikh, Fouad Ouicher, Saïda Deffeur ainsi que les autres manifestants pacifiques, défenseurs des droits de l’homme et journalistes arbitrairement détenus alors que leurs activités sont autorisées par le droit algérien et conformes aux instruments internationaux en matière de droits de l’homme que l’Algérie a ratifiés; demande aux autorités algériennes la levée de l’interdiction de déplacement et de la condamnation avec sursis de Slimane Hamitouche Abdelmonji Khelladi et de Mustapha Bendjama;

Le parlement européen a également demandé aux autorités algériennes de « mettre fin à toute forme d’intimidation, y compris le harcèlement judiciaire et législatif, l’incrimination ainsi que les arrestations et les détentions arbitraires à l’encontre des manifestants pacifiques, des défenseurs des droits de l’homme, des journalistes critiques et des blogueurs ainsi qu’à prendre les mesures voulues pour garantir leur protection physique et psychologique, leur sécurité et leur liberté de mener leurs activités légitimes et pacifiques; invite les autorités algériennes à assurer et à garantir le droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique et à la liberté des médias, garanti par la Constitution algérienne et le pacte international relatif aux droits civils et politiques, que l’Algérien a signé et ratifié ». La même résolution du parlement européen réclame la  suppression de » toutes les restrictions aux manifestations pacifiques ».

Enfin, le parlement européen a demandé au Service européen pour l’Action extérieure, la Commission et les États membres « à soutenir les groupes de la société civile, les défenseurs des droits de l’homme, les journalistes et les manifestants, notamment par l’organisation de visites en prison, le suivi des procès et des déclarations publiques, à soutenir la commission du BNUA et d’autres organisations actives dans la défense des droits de l’homme, ainsi qu’à suivre de près la situation des droits de l’homme en Algérie en moyen de tous les instruments disponibles, dont l’instrument européen pour la démocratie et les droits de l’homme ».

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