Alger, Tiaret, Oran, Batna et ailleurs : des arrestations massives, arbitraires et terrible répression à l’égard des manifestants anti-élections

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13ème vendredi de protestation.(Photo / Fateh Guidoum / PPAgency)

La répression policière est en train de prendre une dimension terriblement alarmante en Algérie. Ce samedi, des arrestations massives ont été opérées par les services de sécurité à l’encontre de nombreux manifestants ou activistes du Hirak opposés et mobilisés sur le terrain contre la tenue du scrutin présidentiel du 12 décembre prochain. 

Des dizaines d’arrestations ont été enregistrées à travers plusieurs wilayas du pays. A Tiaret, ce samedi matin, plusieurs sources locales ont signalé l’arrestation d’une trentaine de personnes qui ont protesté l’organisation d’une marche « des pro-Elections » sous protection policière ». Pour disperser les opposants à cette initiative, les services de sécurité ont procédé à des arrestations musclées contre les manifestants favorables au Hirak. A l’est du pays, à Skikda, 5 autres manifestants du Hirak ont été interpellés et arrêtés par les services de sécurité. A Batna, les forces de l’ordre ont procédé également à l’arrestation de l’activiste Sami Dernouni et plusieurs autres manifestants dont le nombre n’a pas encore été déterminé par les militants et observateurs des droits de l’homme.

Hier, vendredi, plusieurs arrestations ont été également déplorées dans plusieurs villes à travers le pays. A Oran, des manifestants, mobilisés contre le meeting électoral de Belaid Abdelaziz, ont révélé avoir été violentés et tabassés lors de leurs interpellations musclées. Kacem Said, l’un de ces manifestants arrêtés vendredi à Oran, a témoigné publiquement contre les violences perpétrées par la police après son arrestation. Kacem Saida même publié des photos retraçant les souffrances physiques qui lui ont été infligées par des policiers.

Ce n’est pas la première fois que des témoignages sur les violences policières nous parviennent de la part des activistes du Hirak. L’avocat Abdelghani Badi avait révélé jeudi dernier que le militant Brahim Lalami a été honteusement violenté avant sa présetnation devant le Procureur de la République près du tribunal de Bordj Bou Arreridj qui l’a placé sous mandat de dépôt. « Il ne pouvait pas se tenir debout et son visage était tuméfié, plein d’hématomes et de traces de violence », a témoigné son avocat Me Abdelghani Badi. Aucune autorité n’a voulu réagir pour commenter ces gravissimes accusations.

A Sétif, cinq manifestants arrêtés ont été arrêtés pour port de l’emblème amazigh. Il s’agit de Badr Eddine Smail, Yetta Ahmed, Ihamouchène Hakim, Agaoua Nacer et Boubtiten Zahir seront présentés dimanche devant le procureur de la République, a-t-il précisé. Ils seront présentés demain dimanche devant le tribunal de Sétif depuis le début du Hirak.

Aucun article de presse ne pourra énumérer à lui-seul toutes les autres arrestations et actions de répression lancées par les forces de sécurité à l’encontre des activiste du Hirak dans toutes les régions en Algérie. Le régime algérien a donc basculé dans la violence même s’il s’autorise encore des « lignes rouges » consistant à ne pas attenter à la vie et l’intégrité physique de ces manifestants. Cependant, la situation demeure dangereuse et cette répression témoigne de l’instauration d’une inquiétante logique d’affrontement au plus haut sommet du pouvoir algérien.

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