L’histoire est étonnante. Si aujourd’hui, Said Bouteflika et le général Toufik sont ensemble condamnés à une peine de 15 ans de prison ferme lors d’un procès inédit tenu au tribunal militaire de Blida, les deux hommes furent dans un passé proche de véritables adversaires. 

Oui, avant de se rapprocher et de conclure une alliance pour tenter de sauver le régime Bouteflika au mois de mars 2019, un véritable gouffre d’incompréhension séparait Said Bouteflika et le général Toufik au début de cette même année 2019. Preuve en est, Said Bouteflika était convaincu jusqu’à la fin du mois de janvier 2019 que le général Toufik allait se présenter aux élections présidentielles d’avril 2019 pour faire barrage au projet du 5e mandat d’Abdelaziz Bouteflika.

Said Bouteflika avait contacté  à l’époque plusieurs décideurs algériens dont des anciens hauts responsables de l’armée ou des généraux à la retraite pour leur faire de sa profonde colère à l’encontre du général Toufik. Said Bouteflika affirmait à ses proches qu’il détenait des informations fondées et prouvées concernant les intentions présidentielles du général Toufik. Ceci dit, le concerné n’avait jamais dévoilé ses intentions et demeurait encore et toujours dans l’ombre.

Finalement, c’est le général Ali Ghediri, ami et proche du général Toufik, qui avait déclaré le 19 janvier son intention de se présenter comme candidat à l’élection présidentiel avortée et prévue pour le 18 avril. Et après le déclenchement du mouvement populaire algérien le 22 février, Said Bouteflika et le général Toufik ont décidé d’enterrer la hache de guerre pour nouer une alliance et tenter de sauver le système. Leur tentative sera avortée et finira par une inculpation au tribunal militaire de Blida pour « complot contre l’autorité de l’armée et l’Etat ». Les deux hommes ont écopé dans la nuit du mercredi au mardi d’une peine de 15 ans de prison ferme.

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