Contacté par Algérie Part pour connaître ses impressions et réactions à la suite de la condamnation par contumace à 20 ans de prison ferme dont il a fait l’objet au niveau du tribunal militaire de Blida, Khaled Nezzar, exilé depuis l’été dernier en Espagne, a répondu à toutes nos questions dans une déclaration exclusive qu’il a fait parvenir à notre rédaction. L’ex-ministre de la Défense nationale a commenté ouvertement ce verdict de 20 ans de prison ferme prononcé par le tribunal militaire  de Blida. Il est revenu également sur les faits et les dessous de cette gravissime accusation de « complot » dont il fait l’objet avec son fils Lotfi Nezzar et lance de nouvelles accusations à l’encontre d’Ahmed Gaid Salah, l’actuel chef d’Etat-Major de l’ANP et homme fort de l’institution militaire. 

 

« J’ai, en mon âme et conscience choisi ; entre d’une part être enfermé pour des raisons totalement injustifiées et de l’autre, m’éloigner pour un temps dans l’espoir de voir le pays sortir de la situation dangereuse qu’il traverse ; situation dans laquelle l’a fourvoyé ce Bokassa des temps modernes.

J’ai préféré la seconde.

Le verdict que vient de prononcer le Tribunal militaire de Blida à mon encontre, à l’encontre de mon fils Lotfi et de M. Benhamdne Farid, n’émane pas d’une justice libre et indépendante. Il est l’émanation politique d’un pouvoir illégitime, incarné par le chef d’état-major de l’ANP qui s’est paré indument de la casquette politique, chose qui n’existe dans aucun pays au monde. C’est d’ailleurs ce que j’ai dénoncé en 2015 et récemment dans une vidéo rendu publique. Par ce  procédé, le CEM cherche à distraire l’opinion publique à travers une parodie de procès dont le caractère expéditif renseigne sur les véritables desseins de ses instigateurs.

Je ne reconnais pas la décision qui vient d’être rendue et je réitère ma position immuable au sujet de la situation désastreuse qui prévaut dans mon pays par la faute d’un chef d’état-major qui usurpe les prérogatives du chef de l’état intérimaire, du premier ministre et de l’ensemble des Institutions de l’état.

Je ne m’astreindrai qu’à une justice qui sera définitivement débarrassée de la tutelle de celui qui en a fait un instrument pour régler ses comptes, et ce, lorsqu’un Président sera démocratiquement élu comme cela est revendiqué par des millions de citoyens qui réclament l’avènement d’un état civil dirigé par un gouvernement légitime.

Je tiens à préciser encore une fois que je n’ai jamais appartenu à un clan quel qu’il soit et n’ai jamais eu vent de la réunion de Dar-Elaafia. Je n’ai jamais comploté avec Said Bouteflika. J’ai été reçu sur sa demande et ma déclaration de l’époque rapporte mot pour mot le PV de cette rencontre. Aucune raison ne justifie une quelconque inculpation encore moins une condamnation. C’est de ma dignité dont il s’agit et n’accepterai ni l’incarcération ni l’humiliation. J’ai toujours été juste envers Dieu et envers les hommes. C’est avec le cœur léger et la conscience tranquille que je me présenterai à lui. Que tout le monde sache et se souvienne que la faute incombe essentiellement à Gaid salah, à ses acolytes et à ses mauvais conseillers.

Je veux qu’un audit de l’entreprise de mes enfants soit ordonné et mené par des experts neutres. J’atteste que tout ce qui se dit ici çà et là et à travers une certaine presse ne sont que des ragots. S’agissant de soi-disant malversations que j’aurai commises, moi ou mes enfants, elles sont de pure invention. Toutes ces allégations ont été portées à la connaissance de la justice.

A ma famille que j’aime intensément, je vous demande de vous en remettre à Dieu, lui seul éclairera notre chemin ».

Par Khaled Nezzar, ancien chef d’État-major de l’Armée nationale populaire de 1988 à 1990 puis ministre de la Défense nationale entre 1990 et 1993.

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