L’arrestation et l’emprisonnement de Said Bouteflika à la prison militaire de Blida n’est pas une surprise en soi. Et pour cause, le frère et conseiller du président Bouteflika savait depuis le 30 mars 2019 que le chef d’Etat-Major de l’ANP, Ahmed Gaid Salah, voulait l’enfermer dans une prison. 

En effet, a-t-on appris au cours de nos investigations, Said Bouteflika avait reçu le 30 mars 2019 des informations de première main la part d’un très haut gradé de l’ANP qui lui suggéraient de « lâcher tout et de partir du pouvoir car Gaid Salah prépare votre emprisonnement ». Déstabilisé, apeuré et perdant son sang froid, Said Bouteflika avait voulu s’accrocher jusqu’au bout aux prérogatives constitutionnelles de son frère le Président dont le mandat allait s’expirer officiellement à la fin du mois d’avril 2019.

Toujours le 30 mars 2019, Said Bouteflika avait contacté plusieurs généraux et hauts gradés de l’ANP pour connaître les résolutions adoptées lors de la réunion à laquelle Gaid Salah avait convoqué tous les chefs de régions et commandants principaux de l’ANP. Les hauts responsables de l’ANP se mettaient d’accord sur l’option de l’application de l’article 102.

De son côté, Said Bouteflika croyait savoir que Gaid Salah voulait ordonner à des unités de l’armée de « marcher sur la résidence présidentielle de Zéralda » pour destituer définitivement Abdelaziz Bouteflika et chasser sa famille du pouvoir. Le frère du Président va tout tenter pour procéder au limogeage de Gaid Salah. Mais à partir du 2 avril 2019, les évènements vont s’accélérer et le chef d’Etat-Major de l’ANP, fort du soutien de ses troupes, va damer définitivement le pion à Said Bouteflika.

LAISSER UN COMMENTAIRE