Algérie Part poursuit ses investigations sur la plus importante banque algérienne installée à l’étranger, à savoir la BIA. Créée en 1975 au cœur de Paris, la Banque Intercontinentale Arabe a changé de raison sociale en 2005 pour devenir la Banque BIA. Le capital de la BIA est détenu à parité par 2 banques d’Etat, l’une algérienne : la Banque Extérieure d’Algérie (BEA), l’autre libyenne : la Libyan Foreign Bank. Chacune d’elles est la première dans son pays respectif et dispose de moyens financiers importants, étant notamment en charge des transactions sur les hydrocarbures vers les pays importateurs (Amérique du Nord, Europe, Asie).

Cette fois-ci, nous allons nous intéresser aux relatifs aux frais et salaires de Mohamed YOUNSI, le principal dirigeant algérien de la BIA.  Nous avons découvert au cours de nos investigations que pour assurer son maintien dans ses fonctions de Directeur Général Délégué Adjoint de la BANQUE BIA, ce dirigeant a procédé au  licenciement ou la mise à l’écart de certains collaborateurs puis concomitamment la promotion de certaines très fidèles collaboratrices d’autre part.

Réputé pour être un fin gestionnaire, Mohamed Younsi avait démontré lors de différents conseils ou comités qu’il avait réussi à maitriser la masse salariale de la banque en prenant soin d’occulter certains détails et non des moindres, a-t-on constaté au cours de nos investigations.  En effet, la banque BIA est passée de 77 collaborateurs en 2010 à 50 collaborateurs en 2018 avec une masse salariale similaire.

Comment est-ce possible ? Suite à une présentation très parcellaire et tronquée de sa situation, Mohamed Younsi a obtenu dans un premier temps l’accord du Comité de Direction en date du 21 novembre 2014 pour la revalorisation de sa rémunération et dans un second temps en date du 26 décembre 2014, il avait fait valider sa demande par le Conseil d’Administration (tout ceci sous le contrôle de l’avocat de la banque). Les deux instances précitées étaient présidées par Mohamed LOUKAL, l’ex-gouverneur de la Banque d’Algérie et l’actuel ministre des Finances.

Il semble peut être important de souligner que parallèlement les administrateurs ont bénéficié au fil des ans d’une révision régulière et substantielle des jetons de présence et des frais de missions. Qu’en ont-ils fait ?

Ainsi, son salaire annuel hors charges patronales est passé de 228.000,00€ en 2012 à 413.988,00€ (hors charges patronales) en 2014 soit une augmentation de 81.57%.

A titre de comparaison sa modeste augmentation représente environ 1137 fois le Salaire National Minimum Garantie (18000 DA/163.55€) et son nouveau salaire annuel 2530 fois (ou 210 ans) de SNMG.

Mais ce n’est pas tout car en remerciement de sa gestion dynamique de la banque BIA, il bénéficie d’une prime annuelle de « résultat » de 38.000,00€ qui elle aussi a fait l’objet d’une augmentation pharaonique puisqu’elle est passée à 137.996,00€ soit une évolution de 202,62%. Les deux Directeurs Généraux se partageant ainsi 40% de l’enveloppe destinée à l’ensemble du personnel de la banque.

Le plus beau arrive car son augmentation a une incidence directe sur sa future indemnité de fin de détachement qui correspond à 2 mois de salaire par année de présence soit au minimum 40 mois de salaire qui à ce jour représente plus de 2.000.000€ brut (220.000.000,00DA) le tout alors que les  deniers publics.

Est-ce logique qu’un tel poste nécessite la mise à disposition d’un véhicule haut de gamme avec chauffeur (260h par mois 7jours/7 !!!) pour un coût de 125.000,00€ par an, prestation dont il fait profiter certaines de ses relations sans lien avec l’activité de la banque mais in fine pris en charge par la BANQUE BIA ?

Nous avons découvert au cours de nos investigations que le poste location de véhicule impacte les comptes de la banque à hauteur de 400.000€ par an  ! Des charges digne d’un ministère en France.

Comment expliquer également l’évolution constante des notes de frais de M. YOUNSI qui sont à contrecourant de l’activité de la banque et hormis les quelques déjeuners avec le comité de direction et le conseil d’administration, ne sont jamais justifiées.

Le relevé des frais pour la période 2010/2018 révèle que M. YOUNSI a fréquenté les plus grandes tables de Paris et consommé les plus grands crus le tout remboursé par la BANQUE BIA soit un peu plus de 880.000,00€, soit environ 100.000.000 DA pour la période précitée.

Nous avons découvert également au cours de nos investigations qu’il a exigé la fermeture des comptes du personnel sauf pour la Direction Générale car cette dernière bénéficie de conditions surprenantes tant pour le financement immobilier que sur le taux et l’enveloppe des découverts et la discrétion pour l’exécution des virements.

Face à ces opérations suspectes, nous avons été étonnés par le silence de Mmes LELARGE, Directrice du Département Conformité Juridique de la BIA et HAJJAR Directrice du Département des Risques et ancienne responsable de l’Inspection Générale mais également toutes deux membres des différents comités dont le comité des comptes et comité d’audit.

Et pourtant, ces hauts responsables de la BIA devraient être interpellés par le train de vie extraordinairement princier de Mohamed Younsi dont le coût annuel pour la BANQUE BIA via l’argent des actionnaires dont la banque étatique la Banque Extérieure d’Algérie (BEA) est d’environ 1.400.000,00€ soit 10.500.000,00€ (1.155.000.000,00DA) pour la période 2010/2018.

Des dépenses colossales qui ne traduisent guère les performances financières de la BIA, aujourd’hui déficitaire et menée par un avenir incertain. Algérie Part poursuit ses investigations et reviendra sur ce dossier avec de nouvelles révélations.

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