La justice algérienne avait bel et bien réclamé l’arrestation de Noah Kouninef, l’un des frères Kouninef, la puissante famille affairiste principale fer de lance de l’oligarchie algérienne en raison de ses liens très étroits avec la famille Bouteflika. Algérie Part a obtenu des documents exclusifs indiquant que Noah Kouninef faisait l’objet d’un mandat d’arrêt délivré par le tribunal de Mostaganem en date du 25-01-2016. 

Il s’agit d’un mandat d’arrêt qui avait été ordonné dans le cadre d’une enquête ayant prouvé l’implication de Noah Kouninef dans un scandale de blanchiment d’argent et transferts illicites de devises. Cette enquête judiciaire était menée par trois juges d’instruction au niveau du tribunal de Mostaganem. L’affaire a commencé à la suite d’une plainte déposés par les services des douanes algériennes de la wilaya de Chlef.

Les juges du tribunal de Mostaganem ont crû bien faire de poursuivre leurs investigations jusqu’au bout sans avoir la moindre hésitation pour inculper un membre de la puissante famille des Kouninef, faiseuse des généraux et ministres en Algérie avec la bénédiction de Said Bouteflika.

Mais la naïveté des juges finit par s’effriter très rapidement car le 15-02-2016, Noah Kouninef s’est présenté au tribunal de Mostaganem en compagnie du colonel Karim du DRS, l’un des officiers les plus influents de la région de Mostaganem, chargé par sa tutelle d’intervenir pour faire pression sur les juges et les intimider ouvertement dans le but d’obtenir la pure et simple annulation de ce mandat d’arrêt lancé un mois auparavant.

En parallèle, le ministère de la Justice dirigé par Tayeb Louh intervient lui aussi pour ordonner la fin des poursuites dont fut l’objet Noah Kouninef. Tayeb Belhachem, l’ex-inspecteur du ministère de la Justice, appelle et menace Zeghar Djamila, la présidente du tribunal de Mostaganem en lui demandant de prononcer l’acquittement.

La Présidente de la Cour de Mostaganem, Maalam Chafia et le procureur général de cette instance juridictionnelle, M. Mellah, furent également approchés par le haut responsable du ministère de la Justice qui leur avait communiqué les instructions verbales de Tayeb Louh visant à garantir une impunité criante au frère Kouninef.

6 jours plus tard, le ministère de la Justice est allé jusqu’à adresser officiellement une correspondance et une note à toutes les cours de justice du pays pour leur demander de ne plus décerner des mandats d’arrêts contre des personnes justiciables avant de vérifier leur « filiation ».

L’ordre est clair et net : on ne touche pas aux oligarques ou VIP amis de la famille Bouteflika et fidèles au régime.  Aujourd’hui, ce même régime politique promet aux Algériens une justice indépendante et neutre. Ce n’est pas sérieux…

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