Au moment où des millions d’Algériens sont dans les rues pour réclamer l’instauration d’une deuxième République dans leur pays, des généraux et des hauts gradés de l’armée ou des services secrets s’adonnent aux plus dangereuses manoeuvres pour grignoter encore plus de parts de ce pouvoir chancelant au plus haut sommet de l’Etat. 

C’est du moins ce que nous venons d’apprendre au cours de nos investigations qui nous ont permis de comprendre le plan machiavélique que certains généraux sont en train de mettre en place pour s’imposer au plus haut sommet de la pyramide du commandement militaire. D’après nos investigations, un dangereux clan a été composé par le général Ghali Belkecir, l’ex-commandant de la gendarmerie nationale, le général Benmiloud Atmane, surnommé « le caniche » par ses hommes en raison de son chien qu’il traine partout, ancien chef de la DCSA e te général Wassini Bouazza qui a été nommé au mois d’avril dernier à la tête du renseignement intérieur, la Direction de la Sécurité intérieure (DSI).

Ces trois généraux tentent en ce moment de manipuler le haut commandement militaire de l’ANP avec de fausses informations et des rapports bidonnés sur de nombreux opposants et journalistes indépendants. L’objectif est de persuader Gaid Salah et ses principaux collaborateurs à s’attaquer aux figures médiatiques les plus influentes sur le mouvement populaire algérien, à savoir le Hirak du 22 février dernier.

De l’intox et des campagnes de dénigrement pour déstabiliser ces opposants irréductibles que ces généraux veulent présenter comme des « ennemis de l’institution militaire et de l’armée algérienne ». Pour faire aboutir ce plan machiavélique, les généraux Belkecir, le « caniche » et Bouazza ont actionné tous leurs relais sur les réseaux sociaux en débloquant des financements conséquents pour inonder les réseaux sociaux avec ces intox avec comme rêve d’épater le haut commandement militaire de l’ANP.

Une tactique à travers laquelle ces généraux veulent revenir au pouvoir ou renforcer leurs prérogatives au sein de l’institution militaire. Sauf que ces trois généraux ignorent que l’actuel haut commandement militaire de l’ANP est parfaitement au courant du passif de ces généraux habitués au « chantage ». En effet, lorsqu’il était aux commandes de la DCSA, le général Caniche avait lancé des enquêtes sur les enfants et membres de la famille de Gaid Salah dans le but d’offrir ses « services » au clan présidentiel de Said Bouteflika qui cherchait à confectionner des dossiers accablants à l’encontre de l’actuel Chef d’Etat-Major de l’ANP.

C’est, d’ailleurs, pour toutes ces raisons que Gaid Salah est intervenu très rapidement pour neutraliser le général « Caniche » à la tête de la DCSA afin de le remplacer par « un homme » plus « loyal » et plus « professionnel ». Mais cette éviction, le général Caniche ne l’a jamais digérée. Et le général Belkecir lui a toujours inculqué l’idée qu’un retour aux commandes de la DCSA était très envisageable s’il pouvait prouver son efficacité à « l’institution militaire ». Le général Ghali Belkecir entretenait des rapports très envenimés avec le colonel Bob, l’autre patron de la DCSA qui enquêtait sur lui et la fortune douteuse de sa famille.

Pour le général Belkecir, il était urgent de déboulonner le colonel BOB dont les rapports pouvaient le mettre en prison comme ce fut le cas pour son bras-droit, le colonel Mourad Zaghdoudi, l’ex-patron de la brigade de recherches de Bab Jedid. Belkecir obtient la tête de Bob qui a été limogé et incarcéré dans des conditions troublantes. Mais son ami le « Caniche » peine à convaincre le haut commandement de l’ANP pour le nommer à la tête de la DCSA. Gaid Salah n’a pas oublié que le général « Caniche » voulait lui faire du chantage avec les dossiers « confectionnés » sur ses enfants.

ET aujourd’hui, les deux généraux évincés du pouvoir s’appuient sur le général Bouazza, dernier haut gradé encore en place, pour tenter d’amadouer Gaid Salah et de revenir sur l’échiquier décisionnel de l’ANP. Et pour ce faire, ils sont prêts à passer sur le « corps des opposants et journalistes » qui font peur à l’institution militaire.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE