Algérie Part poursuit son enquête sur la BIA, la plus importante banque algérienne établie à l’étranger. Créée en 1975 au cœur de Paris, la Banque Intercontinentale Arabe a changé de raison sociale en 2005 pour devenir la Banque BIA. Le capital de la BIA est détenu à parité par 2 banques d’Etat, l’une algérienne : la Banque Extérieure d’Algérie (BEA), l’autre libyenne : la Libyan Foreign Bank. Chacune d’elles est la première dans son pays respectif et dispose de moyens financiers importants, étant notamment en charge des transactions sur les hydrocarbures vers les pays importateurs (Amérique du Nord, Europe, Asie).

Malheureusement, cette banque stratégique souffre d’une gestion très opaque, scandaleuse voire mafieuse, comme l’indiquent les nombreux documents exclusifs obtenus au cours de nos investigations. Comme il a été révélé par nos soins lors des précédentes publications, la BIA fait l’objet de plusieurs plaintes déposées au niveau de la Police françaises et d’enquêtes judiciaires en France. Un scandale dont sa tutelle La Banque Extérieure d’Algérie (BEA) était bel et bien au courant depuis belle lurette, mais personne n’a bougé le petit doigt pour empêcher ce massacre. Pis encore, même le ministère des Finances algérien ainsi que les services de sécurité étaient au courant des pratiques scabreuses de la direction générale de la BIA.

Preuve en est, nous avons obtenu des documents exclusifs démontrant qu’une correspondance officielle a été adressée au mois de décembre 2018 à Brahim SEMID Président du Conseil d’Administration BANQUE BIA, l’homme est actuellement le PDG de la BEA, pour lui demander d’intervenir en toute urgence afin de mettre un terme aux pratiques illicites et immorales qui minent profondément le fonctionnement de la BIA.

Ainsi, à l’appui des documents transmis dans cette correspondance officielle dont nous détenons une copie, le PDG de la BEA avait été informé par les revalorisations troublantes de salaires des dirigeants de la BIA. Des augmentations qui n’ont pas fait l’objet d’une validation effective matérialisée par les signatures du PDG et Vice Président en place à l’époque, mais par une auto-validation des 2 personnes concernées par ces augmentations stratosphériques. Parmi les documents transmis, nous avons trouvé également les différents projets de rédaction ainsi que les PV des Comités qui ont eu à l’époque à traiter de cette question, et nous avons constaté à la lecture de ces documents que ces mesures n’ont jamais été très clairement exposées et que les informations qui avaient été transmises aux différentes instances de la banque ne permettaient pas de mesurer l’impact réel de ces mesures.

De surcroît ces augmentations se sont accompagnées d’une révision des modalités applicables à la prime de résultat. Les 2 dirigeants qui percevaient jusqu’à fin 2013, 2 mois de salaires bruts au titre de cette prime ont demandé une révision de ces modalités, et l’attribution de 4 mois de salaires au lieu de 2. Compte tenu des augmentations juste préalablement accordées , la prime de résultat accordée à chaque dirigeant a presque triplé , pour atteindre un montant brut salariale de 137.996 euros pour chacun d’eux contre un peu plus de 45.000 euros précédemment.

Les primes de résultat accordées aux 2 DGDA représentaient 39% du total des primes accordées à l’ensemble du personnel (environ 52 personnes). Ces augmentations et revalorisations des primes de résultat sont intervenues alors que la banque connaissait déjà un net ralentissement de son activité et une forte dégradation de sa rentabilité dans un contexte réglementaire de plus en contraignant et un contexte géopolitique toujours difficile. L’évolution de la situation financière et économique de la banque aurait due en principe alerter les dirigeants, et ceux-ci auraient dus au contraire faire preuve de modération salariale et de retenue au regard de ces constats.

Ces mesures salariales mises en place à l’égard des 2 dirigeants, à contre-contrant de l’évolution de la situation économique et financière de la banque, n’ont fait que précipiter davantage les pertes d’exploitation de la banque que vous connaissez aujourd’hui et compromettent à terme considérablement sa pérennité. Toutes les données communiquées sont facilement vérifiables, il suffit de demander les justificatifs aux services concernées, à savoir les Bulletins de salaires des 2 Directeurs Généraux ainsi que les montants des primes de résultats de 2011 jusqu’à aujourd’hui.

Le PDG de la BEA a été interpellé aussi sur les notes de frais de Mohamed YOUNSI, le DG de la BIA. Nous avons nous mêmes récupéré des copies de cartes bleues professionnellles, des bordereaux de transmission et notes de frais sur différentes périodes. Ces dépenses (Hormis les déjeuners avec le Comité de Direction ) n’ont jamais fait l’objet d’aucune justification et évoluaient à contre-courant de l’activité de la banque. En plus, il y avait de moins en moins de clients et de dossiers et ces dépenses étaient de plus en plus importantes.

Nous avons récupéré au cours de nos investigations la décision du 22/9/2017 qui rendait encore plus opaque la gestion de ces notes de frais, dont l’objectif à peine dissimulé, était de cacher au plus grand nombre, la véritable nature de ces dépenses qui peuvent relever de l’abus de biens sociaux.

 

Même au niveau des locations de véhicules, la BIA souffrait énormément de la mauvaise gestion. Nous avons trouvé également une copie du contrat de location longue durée du véhicule mis à disposition pour Mohamed YOUNSI, dont le coût incluant la TVA non récupérable dépasse les 10.000 euros mensuellement. Algérie Part poursuit ses investigations et fera de nouvelles révélations dans nos prochaines publications.

 

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