Acharnement ou véritable procédure judiciaire obéissant à des critères d’équité et de vérité ? C’est la question que l’on se pose en toute franchise aujourd’hui face à l’emprisonnement d’un autre frère de la famille Benhamadi, les propriétaires du groupe Condor, l’un des groupes privés les plus florissants en Algérie avec plus de 15 mille employés. 

C’est la Cour Suprême qui a décidé ce mercredi l’incarcération de Moussa Benhamadi, l’ancien PDG du groupe Algérie Télécom et l’ex-ministre de la Poste et des TIC en 2010. Moussa Benhamadi est poursuivi pour les mêmes affaires de corruption pour lesquelles ont été emprisonnés en août dernier ses deux frères. En raison de son immunité parlementaire, son dossier à lui a été transmis à la Cour Suprême. Cependant, cette procédure expéditive soulève de nombreuses interrogations car selon nos investigations Moussa Benhamadi n’apparaît pas dans le management officiel du groupe Condor autour duquel pèse les soupçons de corruption et de privilèges illégaux.

Seuls Omar et Abderrahmane Benhamadi sont officiellement chargés de l’opérationnel du groupe familial. D’autres sources affirment qu’un autre dossier a été collé à Moussa Benhamadi. Il s’agit de financements illicites de la campagne électorale d’Abdelaziz Bouteflika. Mais quel est l’homme d’affaires qui n’avait pas octroyé des financements pour les campagnes du 4e mandat de Bouteflika ?

S’il faut incarcérer l’un des frères Benhamadi pour cette accusation, pourquoi épargner alors les autres richissimes hommes d’affaires comme les Benamor, les Sahraoui et de nombreuses autres personnalités affairistes oubliées jusque-là par l’appareil judiciaire ? Cette interrogation nous amène à conclure qu’un acharnement particulier a été orchestré contre certaines parties précises de l’oligarchie algérienne alors que d’autres bénéficient de l’impunité. Est-cela la mission de la justice ?

En attendant des réponses à cette question, l’avenir des 15 mille employés du groupe Condor paraît très compromis. Le dernier des frères Benhamadi, Smail, risque lui-aussi de retrouver sa famille à El-Harrach. Les actionnaires ont été décapités et de nombreuses unités de production sont menacées de fermeture si l’expectative perdure encore. Algérie Part reviendra sur ce sujet dans ses prochaines publications.

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