Certains vont effectivement en prison. Mais d’autres poursuivent leurs affaires et maintiennent leur train de vie princier en s’offrant des voitures Maserati dans les plus beaux quartiers de Paris. C’est le joyeux destin que vivent en ce moment certains intermédiaires affairistes qui font la liaison entre plusieurs oligarques, hommes d’affaires ou investisseurs étrangers et des membres influents de l’institution militaire algérienne. 

Des intermédiaires qui prennent des pots-de-vin, distribuent des commissions ou rétrocommissions en permettant à des sociétés privées ou étrangères de bénéficier d’un précieux « coup de main » d’un général influent de l’armée. Et jusqu’à aujourd’hui, ces intermédiaires choyés par les services de l’armée font leurs affaires dans une totale sérénité. Il en est ainsi d’un homme d’affaires appelé Hocine Bachouche. Un businessman membre de la famille du général-major M’henna Djebar, l’ancien patron de la Direction centrale de la sécurité de l’armée (DCSA), et l’un des plus influents anciens hauts gradés du DRS qui fut pendant longtemps l’un des hommes les plus proches du Général-Major Toufik Mediene, le patron historique du Département du renseignement et sécurité (DRS).

Hocine Bachouche a joué le rôle d’intermédiaire entre des généraux algériens et plusieurs gros importateurs. Il avait, à titre exemple, le cerveau des opérations d’importation du blé par l’importateur Mohamed Belhadj entre 2003-2004 et 2005. Parrainé tantôt par le général Sanhadji, l’ancien secrétaire général du ministère de la Défense nationale (MDN), tantôt par Said Bey, l’ex-puissant chef de la deuxième région militaire et aujourd’hui détenu à la prison militaire de Blida, Houcine Bachouche faisait jouer ses relations avec plusieurs autres puissants généraux comme Habib Chentouf, l’ex-patron de la première région militaire et exilé en Europe à la suite d’un bras-de-fer avec Gaid Salah.

Et même si certains de ses mentors sont tombés, Hocine Bachouche continue de jouir d’une impunité sans failles. Il bénéficie encore et toujours de ses entrées au ministère de la Défense Nationale pour obtenir des marchés juteux comme ce fut le cas en 2017 lorsqu’il permettait au Roger FRESNEDA, représentant de la marque Carrier, fabricant des climatiseurs et d’équipements de climatisation, de décrocher de gros marchés avec le ministère de la Défense Nationale.

Aujourd’hui, au moment où d’autres « barons » sont à la prison d’El-Harrach, Hocine Bachouche continue de profiter du confort de ses trois villas à Palem Beach, Staouéli Alger. L’une de ses villas est collée à celle d’Abdelmalek Sellal. Et si à Alger, il se fait discret. À Paris, sa nouvelle Maserati roule à vive allure dans le très chic 16e arrondissement. Où est donc parti le fameux « Mendjel » ?

 

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