L’autoroute est-ouest continue d’alimenter les scandales les plus effrayants en Algérie. Cette fois-ci, dans l’indifférence générale, les budgets immenses débloqués et dépensés depuis 2014-2015 pour réaliser des gares de péage et installations des équipements d’exploitations n’ont encore pas été concrétisés sur le terrain sans qu’aucun contrôle rigoureux ne soit exécuté pour connaître le véritable sort des deniers publics consacrés à ce projet. 

De l’est à l’ouest en passant par le centre, l’Etat algérien a débloqué et dépensé plus de 90 milliards de Da, soit l’équivalent de 900 millions de dollars, pour installer des gares de péage, de la fibre optique, de la vidéo-surveillance, des réseaux de communications Tetra, des postes d’appel d’urgence, des équipements pour une radio FM de l’autoroute sans oublier des logiciels de gestion autoroutiers ainsi que des portiques d’affichages autoroutiers.

Ces équipements devaient voir le jour au niveau de l’autoroute est-ouest au bout de 18 mois à partir de 2014. Des marchés publics ont été attribués à plusieurs sociétés privées et publiques nationales ainsi que des entreprises étrangères. L’autoroute est-ouest avait été divisée en trois lots : le lot centre avait été confié à un groupement d’entreprises composés par Cosider, Indra, une société espagnole ainsi que le géant Ericsson à travers sa filiale algérienne. Rien que pour ce lot centre, pas moins de 20 milliards de Da ont été dépensés pour couvrir l’importation des équipements et les travaux de réaménagement de l’autoroute est-ouest.

Nous avons appris au cours de nos investigations que des équipements achetés en devises à l’étranger ont été livrés en Algérie depuis 3 ans, mais ils n’ont pas été encore installés ! Ces équipements perdent de leur valeur et demeurent à l’abandon alors que l’argent public a été dépensé et utilisé sans aucune contrepartie.

Pis encore, nous avons remarqué des anomalies dans plusieurs opérations. Ainsi, à titre  d’exemple, des pylônes ont été achetés en dinar algérien alors que les bordereaux des prix contractuels s’affichent en euros ! Nous n’avons trouvé aucun avenant pour ce changement de prix ou de transactions. Où sont partis les devises dépensés pour les acquisitions de ces pylônes ? Seul le PDG de Cosider Travaux Publics SPA, Chérif Grira, peut nous apporter la réponse puisque il est le pilote du groupement d’entreprises en charge de ce chantier.

Yacine Zerrouki, directeur d’Ericsson Algérie est également interpellé sur cette question tout comme Réda Allal, agent de la société espagnole INDRA.

Il faut savoir qu’à l’ouest du pays, les travaux de construction des gares de péages et d’installation des équipements autoroutiers ont été confiés au groupement composé des entreprises Teixeira Duarte – Engenharia et Construcoes S.A. / Etrhb Haddad Spa/ Sociedad Iberica de Construcciones Electricas S.A. Le lot Est avait été attribué au groupement italo-algérien, composé de CMC (Italie, mandataire du groupement), Proger (It), Tecnositaf (It), Rotahem (Algérie), Imet (Italie), Ducati Italia (Italie), Cordioli & C. (Italie) pour 29,54 milliards de dinars, soit près de 400 millions de dollars, au taux de change de l’époque. Là aussi, des anomalies, dysfonctionnements et des pratiques troublantes ont marqué la gestion de ces chantiers retardés près de 5 ans.

Algérie Part poursuit ses investigations et reviendra bientôt sur ce dossier avec de nouvelles révélations.

 

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