Karim Tabbou a vécu un long moment très mouvementé et troublant au centre « Antar », relevant de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), l’une des principales branches des services secrets algériens, a-t-on appris au cours de nos investigations. 

Depuis son arrestation hier mercredi vers 13 H près de son domicile à Douéra jusqu’à son transfert dans une voiture banalisée au centre « Antar« , l’emblématique caserne de l’ex-DRS à Ben Aknoun, Karim Tabbou a subi un long interrogatoire qui a été divisé en trois parties et qui a duré presque 24 heures ! En effet, selon nos sources, Karim Tabbou a été soigneusement et sévèrement questionné à propos de ses voyages à l’étranger notamment s’agissant de ses participations sur le plateau d’Al-Magharbia. L’opposant et ex-premier secrétaire du FFS a été également auditionné à propos de ses diverses rencontres à Paris et de ses relations avec des membres du Mouvement Rachad regroupant des personnalités hostiles au régime algérien comme Mourad Dhina ou Larbi Zitout.

Par ailleurs, nos sources certifient que Karim Tabbou a été interrogé aussi sur ses « potentiels » contacts avec Khaled Nezzar, le général à la retraite exilé en Espagne à la suite de sa guerre froide contre le chef d’Etat-Major de l’ANP, Ahmed Gaid Salah. Les « services algériens » se sont intéressés également aux activités de Karim Tabbou à Alger de ses rencontres avec des « anciens officiers du DRS » réputés pour être proches du général Toufik, l’ex- célèbre patron du DRS et ennemi juré d’Ahmed Gaid Salah.

Nos sources ont confirmé, d’autre part, que le point de départ de ce long et éreintant interrogatoire a été les dessous de la conférence animée par Karim Tabbou le 8 mai à Kherrata au cours de laquelle il s’en est pris violemment à la politique du chef d’Etat-Major de l’ANP, Ahmed Gaid Salah. Mais ces propos jugés « offensants », « diffamatoires » et qualifiés d’atteinte au moral des troupes de l’ANP ne sont qu’un « prétexte » pour les services algériens qui suivaient de près les attitudes et le parcours de Karim Tabbou. Ce qui démontre enfin qu’il était dans le « viseur » du régime depuis de longues semaines.

Après avoir passé la nuit au centre « Antar », Karim Tabbou a été interrogé pour la troisième et dernière fois ce jeudi matin avant qu’il ne soit transféré, ensuite, vers le bureau du Procureur de la République près du tribunal de Koléa. Ce dernier a décidé de le placer sous mandat de dépôt et de l’incarcérer à la prison de Koléa.

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