Le destin de Nourredine Bedoui sera scellé cette semaine, a-t-on appris auprès de plusieurs sources concordantes. Les jours de l’actuel Premier-ministre à la tête du gouvernement sont comptés. Le pouvoir algérien a lancé ses manoeuvres en guise d’imposer à la rue l’organisation d’une élection présidentielle d’ici le mois de décembre prochain. 

Et pour défendre cette feuille de route, le sacrifice de Bedoui sera le seul cadeau qu’envisage d’offrir le pouvoir algérien à la rue qui bouillonne chaque vendredi pour le changement et ce depuis le 22 février dernier. Demain, lundi, Bedoui présidera un conseil des ministres qui sera consacrée à l’étude des propositions faites par le panel de dialogue dirigé par Karim Younes afin d’amender la loi électorale et organiser ainsi les élections présidentielles dans un climat « sain », « serein » et « propice ».

Ces propositions portent sur l’accélération de la création d’une autorité nationale des élections, qui soit « durable, indépendante et résultante de la conception des parties concernées par le processus électoral », pour peu que sa présidence soit confiée à une personnalité nationale « crédible et faisant l’objet de consensus populaire ».

De plus, les propositions mettent l’accent sur le transfert de l’ensemble des prérogatives conférées par la législation électorale en vigueur, des ministères de l’Intérieur, de la Justice, des Affaires étrangères et de toutes les autorités locales, ainsi que certaines prérogatives du Conseil constitutionnel à l’autorité citée précédemment, à travers l’amendement de la Loi organique relative au régime électoral.

Selon nos sources, au cours de la réunion du Conseil des Ministres de demain lundi, Bedoui et ses ministres devront étudier ses propositions et avaliser celles qui seront retenues. Par la suite, l’adoption définitive de la nouvelle mouture de la loi électorale sera transmise au Parlement et ses députés. Ce travail marquera le début du processus électoral qui sera ponctué par un appel officiel d’Abdelkader Bensalah à la convocation du corps électoral.

 

 

 

Bensalah devra, par la suite, convoquer Bedoui et annoncer son remplacement à la fin de cette semaine ou, au plus tard, début de la semaine prochaine. Et c’est ainsi que le « mouton » Bedoui sera sacrifié sur l’autel des négociations du pouvoir avec la rue en colère. Qui remplacera Bedoui ? Selon nos sources, deux nomes sont évoqués sans cesse : Belkacem Zeghmati, le ministre de la Justice qui a le vent en poupe avec toutes les opérations de décapitation de la mafia politico-financière de l’ancien régime Bouteflika, ainsi que Tidjani Hassan Haddam, l’actuel ministère du Travail, un jeune technocrate méconnu de l’opinion publique.

LAISSER UN COMMENTAIRE