Abdelkader Bensalah est enfin apparu à la télévision publique l’ENTV. Comme il avait été annoncé auparavant par Algérie Part, le chef par intérim de l’Etat a reçu aujourd’hui dimanche Karim Younes et les personnalités membres du panel de dialogue. Ces derniers ont remis officiellement le rapport final de leurs consultations menées depuis plusieurs semaines à travers le pays. 

Cette initiative tend à confirmer que le pouvoir algérien maintient l’option annoncée au préalable par Ahmed Gaid Salah, le chef d’Etat-Major, à savoir l’organisation d’une élection présidentielle d’ici décembre de l’année en cours. Le rapport final du panel de Dialogue contient toutes  les principales propositions, essentielles dans les yeux de tous les acteurs politiques et sociaux, pour chaque mesure à prendre, inspirée des revendications populaires, constituant essentiellement en l’amendement de la loi électorale et la création d’une autorité nationale indépendante chargée de la préparation, de l’organisation et de la surveillance du processus électoral ».

Avec ce rapport, le pouvoir algérien dispose d’une base qui peut lui permettre de lancer le processus électoral dans les délais fixés par Ahmed Gaid Salah. Ce dernier avait appelé à la convocation du corps électoral d’ici le 15 septembre prochain. Les directives du patron de l’armée sont en train de se concrétiser. Le pouvoir algérien veut organiser coûte que coûte les élections présidentielles avant la fin de l’année 2019.

Dans les jours à venir, va prendre le relai et procédera à des mesures d’apaisement pour tenter de calmer la colère du Hirak. Les jours du gouvernement Bedoui sont comptés et les détenus d’opinion seront bientôt libérés de prison. D’ici la fin du mois de septembre, le pouvoir algérien aura procédé à une nouvelle reconfiguration en faisant deux gestes politiques pour répondre aux critiques sévères qui lui sont adressées depuis de longs mois. Sans détenus politiques et sans Bedoui, cela suffira-t-il pour convaincre les Algériens d’accepter un scrutin présidentiel au cours de la deuxième moitié du mois de décembre prochain ?

Pas si sûr. Mais cette inconnue ne change rien aux directives de Gaid Salah : peu importe les manifestations grandioses du vendredi et le rejet de la population, les élections présidentielles doivent se tenir avant la fin de l’année. C’est un passage en force auquel le haut commandement de l’armée croit dur comme fer car, à ses yeux, il ne dispose pas d’un autre choix pour se débarrasser de cette crise politique où il est totalement pris au piège. Dépourvue de légitimité internationale, cible de toutes les critiques médiatiques et politiques, l’institution militaire en Algérie joue sa survie avec ces élections présidentielles à travers lesquelles elle disposera enfin d’un chef d’Etat avec lequel elle partagera le pouvoir, ou du moins ses galères car l’Algérie s’apparente aujourd’hui à un bazar ingérable.

Avec des mesures superficielles et une lutte acharnée contre la corruption, le pouvoir algérien et à sa tête Gaid Salah espère réussir son coup : affaiblir le Hirak et lui imposer l’élection d’un nouveau Président civil. Une stratégie  du quitte ou double.

 

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