Les dossiers de corruption qui sont en cours de traitement au tribunal d’Abane Ramdane à Sidi M’hamed (Alger) risquent d’être bâclés et traités de manière expéditive à cause de l’influence malsaine de certains responsables de la brigade de Bab Jedid sur les juges, a-t-on appris auprès de plusieurs avocats, hommes de loi et sources judiciaires bien au fait des tenants et aboutissants de ces scandales de corruption qui devront aboutir à des procès très attendus par les Algériens. 

C’est, en effet, au niveau du tribunal de Sidi M’hamed à Alger que les dossiers de tous les oligarques les plus influents de l’ère Bouteflika seront jugés. Or, ces dossiers sont élaborés à partir des rapports et P.V rédigés par les enquêteurs de la brigade de Bab Jedid de la gendarmerie nationale. Et force est de constater, assurent nos sources, que ces enquêteurs abusent de leur pouvoir pour introduire des contre-vérités ou, au contraire, effacer des faits compromettants qui serait, pourtant, très utiles pour éclairer les juges.

Le capitaine Benkrada Nabil, l’un des officiers les plus influents de la brigade de Bab Jedid, et l’un des plus anciens fidèles collaborateurs du général Ghali Belkecir, l’ex-commandant de la gendarmerie nationale, est pointé ainsi du doigt par plusieurs sources judiciaires qui contestent les P.V et rapports dressés par ses soins et remis au niveau du parquet du tribunal de Sidi M’hamed.

Les investigations de ce capitaine et fidèle collaborateur du général Ghali Belkecir, l’un des officiers les plus corrompus de l’armée algérienne, pêchent par leur amateurisme, approximation et comportent de nombreuses inquiétantes irrégularités, certifient nos sources révoltés par cette légèreté qui fausse ainsi le travail d’enquêtes de nos juges d’instruction.

Le capitaine Benkrada Nabil est l’officier qui accompagne régulièrement les personnalités placées en garde-à-vue jusqu’au bureau des juges ou procureurs de la République. C’est également lui qui réalise des synthèses et compile des rapports au haut commandement de la gendarmerie nationale. Son influence sur le déroulement des investigations judiciaires concernant les affaires de corruption est énorme. Et pourtant, dans plusieurs dossiers qui doivent être jugés au tribunal de Sidi M’hamed, les avocats ont remarqué un grave manquement de rigueur. Ce n’est pas sérieux et le préjudice porté à la crédibilité de la justice est très dangereux. Il est temps de corriger ces pratiques pour ne pas mettre en péril les acquis réalisés par le mouvement populaire du 22 février en matière de lutte contre la corruption.

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