Sonatrach, le poumon économique du pays, traverse une inquiétante zone de turbulences. La compagnie nationale des hydrocarbures ne cesse d’être déstabilisée par des changements brusques que veut appliquer la nouvelle direction générale pour des considérations politiques et claniques dépourvues totalement de dimension économique. 

 En effet, certains décideurs profitent de la conjoncture actuelle et surfent sur le Hirak populaire pour se venger et procéder à des règlements de comptes. Il en est ainsi de la nouvelle direction générale de Sonatrach qui, pressée de solder l’héritage d’Abdelmoumen Ould Kaddour, veut procéder à des changements brutaux au risque de déstabiliser les équilibres de Sonatrach en cette période aussi délicate pour l’Algérie.

Nous avons appris, effectivement, au cours de nos investigations que plusieurs directeurs et managers de Sonatrach sont sur la sellette et devront être remplacés dans les jours à venir. Il s’agit ainsi du vice-président Finances business et développement, qui est dans le collimateur et qui devra être remplacé dans des conditions encore suspectes. L’actuel directeur des ressources humaines risque lui-aussi de « dégager » pour laisser sa place à l’ancienne directrice qui s’occupait de ce département stratégique.

Pis encore, la direction des projets qui a été créée dans le sillage de la stratégie SH2030 pour moderniser la compagnie risque d’être dissoute. Le responsable de la direction association est lui-aussi dans le viseur et la direction générale de Sonatrach veut procéder à son remplacement. Il en est de même pour le  vice-Présidente des activités de commercialisation que certains lobbys veulent le remplacer.

Ces changements voulus par la nouvelle direction générale vont s’étendre jusqu’à l’étranger où la filiale Sonatrach Petroleum Corporation (SPC BVI) doit changer également de directeur. L’actuel directeur en charge du secteur du GPL à Sonatrach est pressenti pour reprendre les affaires de cette filiale londonienne.

Il est à noter enfin que le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, a refusé d’entériner certains de ces changements notamment ceux qui touchent les vices-présidents de Sonatrach désignés par un décret présidentiel. Le ministre a clamé les ardeurs de la nouvelle direction générale et essaie du mieux qu’il peut de préserver la stabilité de Sonatrach sujette à toutes les guerres de clans et règlements de comptes. Mais le ministre saura-t-il sauver Sonatrach du danger qui la guette ?

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