C’est une très mauvaise nouvelle pour le transport aérien en Algérie. La compagnie française Aigle Azur va officiellement demander son placement en redressement judiciaire. La compagnie aérienne Aigle Azur, sous la tutelle d’un administrateur judiciaire depuis mercredi, a décidé effectivement de déposer le bilan et de se placer en redressement judiciaire. Cela signifie qu’elle est officiellement en faillite.

Cette faillite pourrait perturber énormément le trafic aérien entre l’Algérie et la France pénalisant ainsi des millions de voyageurs algériens et franco-algériens. Et pour cause, Aigle Azur est la deuxième compagnie aérienne française et elle est spécialisée dans les liaisons entre la France et l’Algérie (50 % de l’activité) et employant 1150 salariés.

Il faut savoir que le faisceau de dessertes le plus sensible d’Aigle Azur reste celui de l’Algérie au départ de Paris-Orly, Lyon, Marseille, Bâle-Mulhouse et Toulouse vers sept villes algériennes. Roissy-CDG, Bordeaux et Perpignan sont proposées en plus avec ASL Airlines, une autre compagnie française mais de moindre importance par rapport à Aigle Azur.

Ainsi, sur 4,5 millions de passagers annuels France-Algérie, Aigle Azur en transporte plus de 1,2 million. « On imagine les queues dans les aéroports si elle était défaillante. Elle représente 28 % de l’offre », note à ce sujet le magazine français Le Point.

Pour l’heure, les voyageurs qui font le déplacement entre l’Algérie et la France n’ont pas encore été touchés par les dégâts de cette faillite annoncée. Et pour cause, Aigle Azur a pris des mesures en toute urgence pour préserver l’axe majeur Algérie-France. La nouvelle stratégie d’Aigle Azur a consisté à céder les lignes du Portugal (et les créneaux correspondants à Orly) à Vueling, la low cost du groupe IAG (British Airways, Iberia). Ultérieurement, cela permettrait à British Airways, Iberia, Level et les autres du groupe d’ouvrir des lignes européennes ou transatlantiques au départ d’Orly. Aussi le montant de la transaction a été estimé entre 15 et 30 millions d’euros.

Officiellement, la compagnie française a  tenté de rassurer en affirmant que ce dépôt de bilan n’aura pas d’impact sur les voyageurs et que ses avions continueront à voler. Mais ses assurances peinent à convaincre car le climat au sein d’Aigle Azur est délétère et les guerres internes et violentes entre les actionnaires risquent d’empêcher la compagnie française de surmonter cette crise dangereuse pour sa survie. Et ses avions pourraient être cloués au sol.  Inquiets pour l’emploi, les syndicats ont décidé de se rassembler devant le siège de la compagnie lundi matin, en amont de l’ouverture de la procédure d’information-consultation.

L’Algérie a donc intérêt à suivre les évolutions de ce dossier qui aura un important impact sur notre secteur aérien national.

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