Une énorme incompréhension règne au plus haut sommet de l’Etat algérien. Cette incompréhension a explosé au moment où un dangereux différend a opposé l’actuel Président par intérim de l’Etat, Abdelkader Bensalah, et l’actuel puissant chef d’Etat-Major de l’ANP, Ahmed Gaid Salah. 

Cet épisode s’est déroulé à la fin du mois de juillet dernier. Abdelkader Bensalah a tenté de faire un geste de bon foi en direction de l’opinion publique qui rejette tout processus de dialogue avec le pouvoir et ses symboles. Le chef par intérim de l’Etat a voulu user de son pouvoir pour ordonner la libération des détenus d’opinion, à savoir les manifestants pacifiques interpellés par les services de sécurité en marge des marches populaires du vendredi du hirak algérien, et incarcérés par la suite par une justice aux ordres.

Cette mesure appelée « d’apaisement » était censée démontrer que le régime algérien veut réellement négocier une issue à la crise politique qui paralyse le pays. Abdelkader Bensalah avait même annoncé son intention de réclamer à la justice la libération de ces détenus d’opinion lorsqu’il avait reçu le 25 juillet dernier Karim Younes et les autres membres du panel de dialogue.

Abdelkader Bensalah espérait pouvoir décréter la libération de ces détenus dont le nombre est évalué à 68 manifestants issus de toutes les régions du territoire national. Mais Bensalah va rapidement déchanter car Ahmed Gaid Salah intervient pour bloquer ce projet annuler cette mesure « d’apaisement » allant, au début du mois d’août, jusqu’à refuser publiquement de considérer ces manifestants pacifiques comme des « détenus d’opinion ».

Et depuis cette intervention musclée et intempestive de l’homme fort de l’ANP, Bensalah n’hésite pas à confier sa tristesse et déception dans « les salons secrets du sérail ». Pis encore, selon nos sources, Abdelkader Bensalah est déprimé et affiche d’inquiétants signes de faiblesse morale à condition des pressions dont il fait l’objet et de l’attitude qualifiée de « conservatrice et brutale » du chef d’Etat-Major de l’ANP. La tension risque de monter d’un cran au sommet du régime algérien à la rentrée sociale qui promet d’être explosive en raison de la très forte mobilisation populaire attendue lors des prochains vendredis du hirak algérien.

LAISSER UN COMMENTAIRE