Décidément, le général Ghali Belkecir, l’ex-patron de la gendarmerie nationale, et l’un des officiers les plus corrompus de l’institution militaire algérienne, continue de jouir d’une étrange impunité qui soulève de nombreuses interrogations. Et au sein du haut commandement de l’ANP, des voix commencent à s’élever pour dénoncer ces « privilèges » qui profitent à un général impliqué dans une dizaine d’affaires de corruption. 

Certes, depuis son limogeage le 2 juillet dernier, le controversé général Ghali Belkecir a été convoqué au moins à trois reprises par les enquêteurs des services secrets au niveau de la base Antar de Ben Aknoun ainsi qu’au niveau du tribunal militaire de Blida. Mais, contrairement à d’autres dirigeants corrompus qui ont été incarcérés en un temps record, le général Ghali Belkecir rentre toujours chaque lui à la fin de chaque audition.

Une situation qualifiée d’anormale surtout à la suite de la chute de son acolyte et complice, Tayeb Louh, l’ancien ministre de la Justice, avec lequel il a fomenté de nombreux « coups » pour réaliser des affaires immorales, toucher et distribuer des pots-de-vin dans le cadre de tout un système de corruption bien huilé.

Cette impunité dont jouit Ghali Belkecir se traduit également par l’étrange traitement dont jouit son épouse, Fatiha Boukhers, l’ex-présidente de la Cour de Tipaza, et l’une des figures emblématiques du système judiciaire corrompu et arbitraire déployé par Tayeb Louh sous son règne.

En dépit de l’existence de 46 réclamations, plaintes et rapports accablants dressés à son encontre par les juges qui ont collaboré de près ou de loin avec cette magistrate, le ministère de la Justice n’a toujours pas inquiété de manière officielle Fatiha Boukhers. Elle avait été auditionnée uniquement une seule fois au niveau de l’inspection générale du ministère de la Justice au début de cet été. Et depuis, aucune instance n’a rappelé ou réclamé la moindre explication à une magistrate dont le nom figure en noir et blanc dans le dossier des infractions et violations gravissimes des lois commises par Tayeb Louh, incarcéré à la prison d’El-Harrach depuis le 22 août dernier.

De nombreux juges et responsables au ministère de la Justice n’hésitent plus à exprimer leur indignation face à cette impunité scandaleuse laquelle démontre enfin que le changement tant souhaité des pratiques scabreuses du système est encore un voeu pieux en Algérie.

 

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