Les principaux responsables de l’institution militaire en Algérie sont exposés ces jours-ci à un très fort lobbying exercé par des politiques et des « intermédiaires » aux intentions suspectes et douteuses. Ce lobbying vise à les convaincre et les persuader de « miser » sur un cheval, ou deux « cavaliers » en prévision des prochaines élections présidentielles que souhaitent organiser le haut commandement de l’ANP d’ici la fin de l’année 2019. 

Ces lobbyistes veulent à tout prix impliquer le haut commandement de l’armée nationale et populaire (ANP) dans la désignation du future chef d’Etat qui devra conduire la « transition » et réformer profondément l’Etat algérien. Cette « intrusion » de l’armée dans la politique est défendue ardemment par ces lobbyistes qui, d’après leurs argumentaires, la stabilité de l’Algérie serait menacée par un processus électoral « incontrôlé » et « anarchique ».

Et pour vendre leur « plan » au haut commandement de l’Armée, ces lobbyistes essaient de faire la promotion de deux personnalités politiques qui pourraient jouer les premiers rôles dans la course pour la magistrature suprême. Les deux personnalités privilégiées par ce plan sont Ali Benflis et Azzedine Mihoubi, l’ex-ministre de la Culture et l’actuel leader du RND. Ce scénario bien huilé consiste à proposer Benflis comme futur premier-ministre pour profiter de son expérience d’ancien haut commis de l’Etat et de parfait connaisseur des rouages du système pour conduire un gouvernement de réformes et de transition nationale.

Les défenseurs de ce scénario essaient d’expliquer au haut commandement de l’ANP que Benflis est « un homme loyal », « patriote » et ne détournera jamais le pouvoir à son propre profit. Ses lobbyistes vantent les mérites de Benflis en le présentant comme « l’opposant qui avait sacrifié sa carrière pour dire non au clan présidentiel des Bouteflika ». Benflis comme futur premier, mais jamais président. Pourquoi ? Parce que les initiateurs de ce plan imaginent une autre astuce : vendre aux algériens et à l’armée le profil d’un candidat plus jeune et moins pollué politiquement. Leur choix s’est porté sur Azzedine Mihoubi, l’homme qui a succédé à Ahmed Ouyahia à la tête  du RND.

Agé d’à peine 60 ans, les initiateurs de ce plan louent les mérites de Mihoubi en insistant sur « ses qualités intellectuelles » et son relations approfondies dans le monde arabe notamment au niveau des Pays du Golfe où il dispose de nombreux « amis bien placés » en raison de son travail, entre 2003 à 2006, en tant que président de l’Union générale des hommes de lettres arabes. Aux yeux des initiateurs de ce plan, Azzedine Mihoubi va incarner le renouveau du pouvoir politique et, en dépit de sa participation aux gouvernements du régime Bouteflika, l’ex-ministre de la Culture est beaucoup moins corrompu et « sale politiquement » que les autres anciens dirigeants du régime.

Avec ce scénario, ces lobbyistes et intermédiaires qui rôdent autour de l’institution militaire dans l’espoir de l’influencer proposent la fameuse théorie du « changement contrôlé », à savoir un changement partiel dont le but est de satisfaire en partie la rue tout en maintenant en partie le régime algérien. Mais le Hirak ne risque pas de marcher dans cette combine qui ne reflète nullement les profondes aspirations des manifestants algériens mobilisés chaque vendredi depuis le 22 février dernier.

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