Le syndrome de l’incompétence. Le drame survenu jeudi soir lors du concert du rappeur Soolking a démontré que les actuelles autorités algériennes sont malades jusqu’à l’os par l’incompétence et insouciance qui rongent les institutions de l’Etat algérien. Ce drame qui a causé la mort à 5 personnes a braqué sur l’Algérie tous les projecteurs des médias internationaux. 

En 2019, dans un pays comme l’Algérie, on meurt encore… de Bousculade parce qu’on veut seulement assister à un concert de musique ! Le constat est tragique, il fait non seulement froid dans le dos, mais il révolte au plus haut point. Mais ce constat d’incompétence crasseuse et criminelle nous renvoie vers une actualité poignante : notre Etat est en déliquescence et il demeure très complexe de lui faire confiance.

En clair, dans un contexte politique si délicat, si dangereux, et au moment où notre pays a besoin de vivre un processus politique de transition qui peut lui permettre de surmonter l’actuelle impasse paralysant toutes ses institutions, l’Etat algérien et son gouvernement ont fait preuve d’une impuissance chronique. Oui, un Etat qui ne peut pas même organiser comme il se doit un concert, comment peut-il organiser une élection présidentielle à l’échelle nationale avec comme exigence de garantir sa transparence et son bon déroulement ? C’est la question qui, aujourd’hui, va encore hanter tous ces algériens inquiets par les promesses jamais tenues du pouvoir algérien. Des concitoyens avides de changement et qui constatent chaque jour que le pouvoir politique de leur pays n’est plus apte à répondre à leurs aspirations.

Officiellement, tout est orchestré pour persuader et convaincre les Algériens du bien-fondé de l’organisation des élections présidentielles. Une échéance que le pouvoir veut organiser rapidement dans l’espoir de dépasser les blocages dangereux qui  paralysent le pays avec l’absence d’une autorité légitime et reconnue par la population. Or, pour relever ce défi, il faut un minimum de logistique, de bon sens et de discipline. Des critères que l’on ne retrouve pas dans l’actuelle composante gouvernementale menée par un Bedoui détesté, critiqué et voué aux gémonies par tout un peuple réclamant le changement radical.

Ce qui vient de se passer à la suite du concert de Soolking à Alger n’est pas fortuit. Non, loin s’en faut. Ce drame révèle les profonds dysfonctionnements d’un Etat qui s’écroule sous nos yeux car les tenants du pouvoir actuel préfèrent davantage protéger leurs intérêts et garantir leur survie que de procéder à ce changement nécessaire et si souhaité par la majorité des Algériens. Dans ce climat d’égoisme général et d’incompétence savamment entretenue, organiser une élection présidentielle en toute hâte pourrait engendrer des problèmes qui aggraverait dangereusement l’instabilité de notre pays.

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