Tayeb Louh n’est pas un simple ancien ministre de la justice. Il fut pendant des années la boite noire du régime algérien. Il était au pouvoir depuis 2002 année à laquelle il devient ministre du Travail et de la sécurité sociale. Tayeb Louh pénètre le cercle fermé des dirigeants les plus influents en devenant ministre de la Justice à partir de 2013. Un poste qui lui permettra d’accéder à tous les dossiers gênants et dangereux pour le régime algérien. 

Une fonction qui lui donnera une toute autre stature en lui permettant de s’imposer comme l’instrument privilégié du régime algérien pour réprimer ses adversaires, effrayer ses opposants et soumettre les voix libres au contrôle judiciaire. Aujourd’hui, la chute de Tayeb Louh risque d’emporter dans son passage de nombreux secrets du régime algérien. En effet, c’est Tayeb Louh qui détient toutes les informations sur bon nombre de dossiers confidentiels ou sulfureux qui auraient pu ébranler le régime algérien dans ses fondements.

A titre d’exemple, Tayeb Louh connaît les dessous du fameux scandale de la cocaïne du port d’Oran. Jusqu’à aujourd’hui encore, les Algériens ne savent rien de ce scandale qui a fait chavirer de nombreux puissants généreux et hauts responsables de l’ANP. Les résultats des commissions rogatoires envoyées au Brésil ont atterri sur le bureau de Louh.  Les secrets de cette affaire nous permettront de comprendre les véritables manoeuvres qui s’opéraient au sein du régime algérien.

Tayeb Louh est également l’artisan de l’impunité dont jouissait de nombreux oligarques et richissimes milliardaires membres du clan présidentiel. C’est lui qui intervenait personnellement pour ordonner le classement des plaintes contre les oligarques les plus richissimes, l’extinction des poursuites judiciaires contre ces enfants choyés et bichonnés par le régime algérien. L’influence des Kouninef, les dérives des Benamor, Oulmi, Tahkout ou Ali Haddad, Tayeb Louh savait tout, il couvrait tout et pis encore, il s’en prenait sévèrement aux juges qui osaient s’attaquer à cette oligarchie protégée par ses offices.

Tayeb Louh est enfin l’homme qui peut tout nous dire sur les violations des droits de l’homme commises ces dernières années en Algérie. La mort troublante du cybercactiviste Mohamed Tamalt en décembre 2016, les emprisonnements arbitraires et successifs de Kamel Eddine Fekhar jusqu’à sa mort à la fin du mois de mai dernier, la répression brutale de tous les militants des droits de l’homme et des démocrates, les violations des libertés publiques, Tayeb Louh est l’architecte de tout un sytème qu’il ne s’est pas contenté de servir ou de protéger car il est allé jusqu’à le perpétuer au détriment de la dignité même des Algériens.

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