Saïd Belguidoum est sociologue, maître de conférences à l’Université d’Aix-Marseille. Il enseigne au département Gestion urbaine de l’IUT d’Aix en Provence. Dans un entretien accordé au quotidien français Le Parisien, ce chercheur, qui assure la coordination du Pôle de la Recherche Urbaine en Algérie (PRUA), réseau transversal et pluridisciplinaire de chercheurs travaillant sur la ville, a estimé que l’Armée en Algérie « est en plein désarroi » à cause de la crise actuelle paralysant le pays. 
Selon ce chercheur, l’armée algérienne « n’arrive plus à imposer ses messages. Dans les cortèges, la désobéissance civile est déjà en route. Les cadres militaires de second rang sont-ils prêts à exécuter le sale boulot qu’on pourrait éventuellement leur demander de faire? On ne sait pas s’il existe au sein de l’armée une nouvelle garde prête à s’opposer à l’ordre ancien ».
Saïd Belguidoum a relevé, par ailleurs, que l’organisation d’une élection présidentielle dans ces conditions en Algérie risque d’être un « fiasco ».  « C’est une ritournelle du pouvoir qui devient vide de sens. Au départ, il voulait que la présidentielle se tienne le 4 juillet. C’était évidemment impossible », a analysé ce chercheur selon lequel « Gaïd Salah continue à dire qu’il faut organiser la présidentielle le plus vite possible afin que le nouveau chef de l’Etat conduise la transition ».
Le même expert qui a beaucoup travaillé sur de nombreuses questions de recherches en Algérie a conclu que « le pouvoir sait bien qu’imposer rapidement un scrutin présidentiel serait un fiasco car aucun candidat sérieux ne se présenterait et les Algériens n’accepteraient pas que le scrutin soit une nouvelle fois biaisé ».

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