Le géant chinois Huawei est en train de trembler en Algérie. Très lié aux officines du régime algérien qui fait face à un inédit mouvement de protestation populaire depuis le 22 février dernier, les responsables de Huawei en Algérie ont commencé à réduire leurs activités et leurs effectifs pour se préparer à une crise sans précédent. 

En effet, après avoir obtenu des contrats juteux qui se chiffrent en plusieurs centaines de millions de dollars dans le secteur des télécommunications, le géant chinois Huawei voit tous ses projets compromis avec les bouleversements politiques actuels qui secouent le pays. Ses alliés au sein du régime sont algériens tombent les uns après les autres et les algériens réclament le changement et la fin des pratiques de corruption ayant permis à plusieurs multinationales d’obtenir de gros contrats dans des conditions très troublantes.

Dans ce contexte, Huawei a commencé depuis plusieurs semaines le limogeage de plusieurs ingénieurs algériens au sein de ses équipes, a-t-on appris de sources sûres. En Algérie, Huawei a procédé à des propositions de départ volontaire pour tous les employés algériens recrutés avec un contrat de travail de longue durée (CDI). Le mois passé, Huawei a résilié les contrats de 06 ingénieurs ou managers avec des indemnités de départ calculées sur la base d’un mois pour chaque année travaillée.

D’autres ingénieurs algériens ont été contraints au départ par Huawei en les obligeant à accomplir des missions de travail dans des pays de l’Afrique Sub-saharienne avec des frais de missions très dérisoires. Huawei Algérie a procédé aussi à la suspension de contrats de 15 ingénieurs outsourcing sous prétexte qu’il n’y a plus de marchés en Algérie.

Selon nos sources, ces manoeuvres s’inscrivent sous le diktat du contexte politique qui fait craindre à Huawei des changements majeurs contraires à ses intérêts. Il faut savoir effectivement que le géant chinois a entretenu des rapports très troublants avec des lobbyistes proches des hauts responsables du régime algérien comme les frères Kouninef ou l’actuel ministre des TIC et de la Poste, Houda Feraoun.

Il est à rappeler également que Huawei fait l’objet d’une énorme controverse en Algérie et en Afrique à la suite des révélations faites par le célèbre journal américain Wall Street Journal.

D’après ce média américain, des techniciens de l’industriel des télécoms chinois Huawei ont aidé des gouvernements africains à espionner par des moyens électroniques leurs opposants. Le quotidien américain Wall Street Journal (WSJ) affirmait que les techniciens du géant chinois ont vanté auprès aux autorités ougandaises l’excellence d’un système de surveillance « intelligent » installé en Algérie, et qu’une équipe de hauts responsables des services de sécurité ougandais s’est rendue sur place pour étudier ce système comprenant des outils de surveillance de masse et de cybersurveillance.

Selon le WSJ, des techniciens de Huawei ont aidé les autorités ougandaises à utiliser des logiciels espion pour intercepter les communications de la pop-star, devenu opposant, Bobi Wine sur des applications de messagerie cryptées comme Skype (Microsoft) ou WhatsApp (Facebook).

De son côté, Huawei « rejette complètement les allégations infondées et inexactes du quotidien américain Wall Street Journal contre ses activités commerciales en Algérie, en Ouganda et en Zambie », dans un communiqué de la compagnie reçu à Alger.

 

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