Ce vendredi 16 août a démontré que le régime algérien, du moins ses toutes dernières composantes depuis la chute du clan présidentiel des Bouteflika au début du mois d’avril dernier,  a perdu totalement son pari : l’été n’a jamais affaibli le mouvement populaire algérien du 22 février. Bien au contraire, les Algériens ont défié la canicule, la chaleur et la fatigue pour poursuivre leurs mobilisations dans les rues de toutes les villes du pays. 

L’été n’a produit aucune démobilisation au sein du Hirak. Même le mois d’août et ses contraintes sociales, périodes de congés et vacances des salariés algériens, n’a pas permis d’obtenir l’effet escompté par le régime algérien : vider les rues de ses marées humaines de manifestants réclamant haut et fort le changement radical dans leur pays.

Les manifestants sont toujours en place. Les marches n’ont pas été arrêtées. Le moral des militants mobilisés sur le terrain demeure gonflé à bloc. Les femmes, les hommes, les jeunes ou les vieilles personnes, le Hirak a mobilisé toutes les franges de la société algérienne durant cet été. Il fut torride, certes, mais il n’a aucunement divisé les Algériens.

Les revendications n’ont pas bougé d’un iota. Libérations des détenus d’opinion, départ des symboles du régime de Bouteflika comme Nourredine Bedoui, l’actuel Premier-ministre, et refus de tout processus politique conduisant vers la reconduite des composantes principales de l’actuel régime politique. Bref, les Algériens ne sont pas dupes et ne se laissent pas impressionner malgré les arrestations et incarcérations continues de personnalités politiques ou oligarques richissimes impliqués dans des scandales de corruption.

Les Algériens veulent beaucoup plus que cela. Ils cherchent le profond changement des institutions de leur pays et notamment la primauté du politique sur le militaire. Oui, le mouvement populaire algérien n’a pas fait sa révolution pour accepter que l’armée garde le pouvoir comme bon lui semble. Les manifestants algériens n’ont pas chassé Abdelaziz Bouteflika pour mettre dans sa place Ahmed Gaid Salah, le chef d’Etat-Major de l’ANP.

Ce dernier s’entête et campe dans ses positions en refusant de faire des compromis. Véritable détenteur du pouvoir et maître à bord, il maintient l’actuel gouvernement issu des derniers soupirs du régime Bouteflika. Cet entêtement ne fait que renforcer la volonté du Hirak. Et même si l’Algérie demeure paralysée politiquement, elle respire toujours dans les rues et son coeur battant, le mouvement populaire, est capable de débloquer la situation car l’Armée ne saura ralentir encore longtemps la marche de l’histoire.

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