Les enquêtes d’Algeriepart avaient déjà alerté l’opinion publique sur le système de corruption mis en place par le patron de la Société de Gestion des Services et Infrastructure Aéroportuaires (SGSIA), Tahar Allache et son chef de projet Amine KHIDER, avec la complicité de l’intermédiaire Fodhil Kerkache, établi dans la ville d’Alicante.

Fodhil KERKACHE

Comme promis à nos lecteurs dans une de nos éditions, nous revenons sur la tentative de fuite avortée d’un cadre de la SGSIA de l’aéroport d’Alger.

Cela s’est passé jeudi dernier. Amine KHIDER se dirigeait alors vers l’aéroport d’Alger pour se rendre à Montréal ou réside sa sœur.

Une fois le filtre de la police des frontières passé, il va rejoindre un autre collègue à lui de la SGSIA pour prendre un café en attendant son vol.

Amine KHIDER – Directeur SGSIA

Amine semble stressé, ses gestes nerveux et le regard alerte. Il se savait surveillé après les différentes convocations des services de sécurité et les longues heures d’auditions passées à répondre aux questions relatives à la gestion douteuse portant sur la réalisation de la nouvelle aérogare d’Alger.

Amine KHIDER, a vraisemblablement tout déballé aux officiers de la Brigade économique dépendant de la Direction Générale de la Sureté Nationale (DGSN), et savait qu’il pourrait être inculpé pour des faits graves.

La fuite, était semble-t-il, la seule issue envisagée par Amine KHIDER pour ne pas subir le sort des nombreuses personnes qui ont rejoint la prison d‘el Harrach pour les mêmes faits. Il ne pouvait concevoir l’option de la case prison. Il savait qu’il ne serait soulagé qu’une fois l’avion dans les airs. Mais on en était bien loin encore…

Une fois l’appel à l’embarquement passé, Amine KHIDER se présente à l’entrée de la passerelle télescopique où généralement se tiennent un officier de la DGSN et des Douanes.

Mais quelque chose n’allait pas dans le dispositif régulier. C’étaient en effet six (06) agents et officiers de la DGSN qui s’étaient en quelques minutes postés ce jour-là à l’entrée de la passerelle.

Alors qu’il présente son passeport et sa carte d’embarquement à l’officier de faction, ce dernier une fois confirmée l’identité d’Amine KHIDER, remets les documents de voyage à ses collègues qui l’invitent à les suivre.

Amine KHIDER ne posera pas de questions. Ce scénario qu’il craignait par-dessus tout, il l’avait plusieurs fois visualisé avec frayeur.

Sans perdre de temps, les Renseignements Généraux (RG) de la DGSN contactent le Procureur de la République.

Il faut dire qu’ils étaient échaudés par la fuite récente de Fethi Bekhti vers la Canada, un autre salarié de la SGSIA, qui avait divulgué avec force détails les sombres affaires et contrats en gré à gré, octroyés illégalement à des connaissances de Tahar ALLACHE.

Tahar ALLACHE – DG SGSIA

Des Emails accablant le DG de la SGSIA, que nous avons pu nous procurer, ont été remis enquêteurs des différents services de sécurité.

Le magistrat Abdelalim FERRADJI, sachant qu’une procédure d’Interdiction de Sortie du Territoire National (ISTN) prend entre 24 et 48 h pour être effective sur le Système d’Identification et de Recherche de la Police Agérienne (SIRPAL), a ordonné une notification d’urgence à la police de l’aéroport afin de mettre fin au projet de fugue d’Amine KHIDER.

Tahar ALLACHE décide alors d’intervenir pour aider son collègue et protégé Amine KHIDER.

‘’C’est inacceptable d’arrêter un cadre supérieur de la SGSIA, qui est un homme intègre ‘’ s’est-il emporté face au responsable de la DGSN de l’aéroport.

L’officier de police ne s’est pas laissé intimider par la réaction de Tahar ALLACHE.
Une fois refoulé, ce sont finalement deux ISTN qui sont arrivés aux services de la PAF, l’une pour Amine KHIDER et l’autre pour Tahar ALLACHE, comme vous pouvez le voir ci-après.

ALLACHE est tombé de haut. N’en croyant pas ses yeux, abattu par l’information qui vient de tomber, le patron de la SGSIA s’enferme dans son bureau et multiplie les appels téléphoniques à ses ‘’amis’’.

Selon nos informations, celui-ci entretient une grande amitié avec le procureur de Dar-El-Beida où est traité son dossier.

‘’Même le Ministre et l’Inspecteur Général du Ministère de la Justice récemment limogés
entretenaient des relations plus qu’amicales le Dg de la SGSIA’’ nous informera une source interne.

Il faut dire qu’à ce poste, ALLACHE a réussi à se maintenir pour avoir savamment distribué et multiplié les privilèges en direction de hauts cadres de l’Administration, de l’Armée et à une pléthore d’hommes politiques et hommes d’affaires. Mais cela sera-t-il suffisant ?

Le procureur de Dar el Beida, Mr Mohamed ZAATOUT, qui attend les conclusions du dossier de l’enquête de la BEF sur l’affaire de la nouvelle aérogare d’Alger pourra-t-il éviter le mandat de dépôt à Tahar ALLACHE avec qui il a toujours été en étroite collaboration ?

Le Serious Fraud Office, qui est une agence du Gouvernement du Royaume-Uni, rattachée aux services du procureur général anglais, avait longuement enquêté sur l’affaire de corruption impliquant le DG de l’aéroport d’Alger, soupçonné d’avoir exigé un pot de vin à la société multinationale Ultra Electronics basée au Royaume-Uni.

Jenny LAWTON, la Responsable de la société britannique ULTRAELECTRONICS, avait établi une déclaration sur l’honneur qu’elle avait également transmise au Serious Fraud Office attestant avoir fait l’objet d’une demande d’argent liquide par Fodhil KERKACHE au profit de Tahar ALLACHE. En voici une copie traduite.

 

Selon nos informations, les services britanniques ont pris attache avec leurs homologues algériens et l’enquête algérienne aurait découvert des biens acquis à Alicante en Espagne par les protagonistes de l’affaire, et des marchés conclus de gré à gré avec des personnes ayant un lien de parenté avec les principaux dirigeants de la SGSIA.

La Justice et les lois algériennes réservent-t-elles à ces personnes un châtiment à la hauteur du préjudice qu’a subi le trésor public et des actes répréhensibles qu’ils ont perpétré contre l’économie nationale ?

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