Plus de 700 entreprises algériennes et étrangères risquent d’être privées d’une connexion internet professionnelle dans les jours à venir à cause de la guerre froide opposant Khaled Nezzar à Ahmed Gaid Salah, le chef d’Etat-Major de l’ANP. Selon nos informations, les déboires de la société SLC, dirigée par Lotfi Nezzar, le fils de Khaled Nezzar, vont avoir de graves conséquences sur le fonctionnement de plusieurs banques étrangères, sociétés pétrolières et ambassades étrangères. 

Il faut savoir a ce sujet que l’Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques a  confirmé officiellement ce mardi que les clients des opérateurs DIVONA ALGERIE et SMART LINK COM (SLC), deux entreprises appartenant à la famille Nezzar, doivent  se rapprocher de ses services ou des opérateurs dont la liste est disponible sur son site électronique pour assurer la continuité de leur activité suite au non-renouvellement des licences d’exploitation de ces deux opérateurs.

« Dans le cadre des missions de l’Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques, notamment pour assurer la continuité de service au profit des usagers, et suite au non-renouvellement de la licence d’établissement et d’exploitation d’un réseau public de télécommunications par satellite de type V.SAT et de fourniture de services de télécommunications au public attribuée à la société Divona Algérie (Divona), et de l’autorisation de fourniture de services de transfert de la voix sur protocole internet (VoIP) attribuée à la société SLC, l’Autorité de régulation informe les clients des deux opérateurs cités supra qu’ils peuvent se rapprocher des opérateurs dont la liste est disponible sur le site électronique de l’Autorité (www.arpce.dz), ou de soumettre une demande directement à l’Autorité à l’adresse électronique: [email protected]« , a indiqué, dans un communiqué, le gendarme du secteur des télécommunications en Algérie.

L’Autorité a invité également les clients de ses deux opérateurs de communications électroniques à se rapprocher d’elle « par tout autre moyen, afin de permettre aux services habilités de l’Autorité d’intervenir pour les accompagner dans leurs démarches, visant à assurer la continuité de leur activité, et à leur permettre de bénéficier d’une prestation de service qui répond à leurs besoins ».

Si la famille Nezzar crie au scandale et assure que ces mesures radicales représentent des représailles orchestrées à la suite des attaques lancées par Khaled Nezzar contre Ahmed Gaid Salah, l’ARPCE justifie ces décisions de non-renouvellement des licences d’exploitation de ces deux opérateurs en affirmant qu’ils « n’ont pas été suivies par la communication par leurs soins des listes de leurs clients, en dépit des différentes mises en demeures qui leur ont été adressées ».

Cette situation inédite dans le secteur des télécommunications en Algérie va engendrer effectivement de graves conséquences sur plusieurs entreprises importantes.  Nous avons appris au cours de nos investigations que toutes les banques étrangères comme Société Générale et BNP El-Djazaîr utilisent les services de SLC pour employer des VPN physiques qui garantissent la sécurité des communications électroniques entre leurs agences bancaires. Au Sud du pays, plusieurs sociétés pétrolières utilisent également les solutions de SLC pour assurer leur communication avec leurs différents services à l’étranger. En cas de coupure brusque pour ces clients, les pertes peuvent avoisiner jusqu’à 80 mille dollars, ont confié plusieurs sources concordantes.

Parmi les compagnies pétrolières étrangères clientes de SLC de la famille Nezzar, nous retrouvons Anadarko, l’une des plus grandes compagnies pétrolières internationales présentes depuis des années en Algérie. D’autres secteurs seront touchés par les coupures d’internet et services de télécommunications de SLC à l’image des hôtels ou des assurances comme Axa Assurance, la filiale algérienne du géant français de l’assurance.

Il faut savoir que la société SLC de la famille Nezzar a un chiffre d’affaires  de 2,9 milliards de Da, à savoir plus de 25 millions d’euros, et emploie plus de 330 employés. Cette société est pratiquement condamnée à la fermeture car Algérie Télécom, sur instruction des autorités algériennes, a procédé à la coupure de sa connexion avec l’un des deux câbles sous-marins qui permet à SLC d’utiliser de la bande passante pour proposer ses services à ses clients. Le premier câble sous-marin utilisé par SLC est celui qui relie Paris à Alger via Palma et le deuxième relie Alger à Paris via l’Italie. SLC  payait jusqu’à 40 millions de Da par mois à Algérie Télécom pour jouir du droit d’être connectée à ses deux  liens avec le réseau internet transcontinental. D’ici quelques jours, l’opérateur qui détient le monopole des connexions internationales en Algérie va mettre hors service les deux liens principaux de SLC. Il faudra un miracle pour permettre à l »entreprise de la famille Nezzar de s’en sortir…

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