Le fonds national d’investissement (FNI) est la plus importante institution financière en Algérie. Et pourtant, le FNI est derrière le financement de tous les méga-projets stratégiques du pays. Les montants des financements sont de plusieurs dizaines, voire centaines de milliards de Da. Et une grande partie des projets financés par le FNI se retrouvent aujourd’hui au coeur des enquêtes diligentées par la justice algérienne et les services de sécurité. Des enquêtes sur de scandaleuses affaires de corruption et de dilapidation des deniers publics. 

Mais étrangement,  le FNI n’a guère été cité dans ses enquêtes. Et au moment où de nombreux oligarques, patrons de banques ou ministres ont été placés sous mandat de dépôt, les hauts responsables du FNI n’ont pas été inquiétés ou officiellement inculpés. Et pourtant, ce sont eux qui ont signé ou débloqué les méga-financements pour lancer dans des conditions occultes de gros projets stratégiques. A titre d’exemple, ce document exclusif obtenu par nos soins au cours de nos investigations démontre que le FNI a débloqué au mois de février 2019 un financement de 7 milliards de DA, à savoir plus de 60 millions d’euros, au profit de la Société de l’investissement hôtelier (SIH), une société publique dirigée par Hamid Melzi, l’ex-patron de Club-des-Pins arrêté et emprisonné lui-aussi au début du mois de mai dernier.

Ce financement de 7 milliards de Da a été accordé pour couvrir les besoins de la réalisation de trois nouvelles infrastructures financières à Alger, Annaba et Constantine. Des projets sur lesquels il est encore très difficile d’obtenir des informations fiables. Mais, le FNI qui fonctionne d’après les injonctions venues d’en haut, a débloqué ce financement sans faire preuve de la moindre transparence. Pourquoi les services de sécurité qui ont arrêté avec une grande célérité Hamid Melzi n’ont pas pris la peine de contrôler ou d’enquêter sur les financements accordés par le FNI ?

 

Ce dossier sombre n’est guère un cas isolé. Dans plusieurs précédentes enquêtes d’Algérie Part, nous avons pu démontrer l’implication des hauts responsables du FNI dans des affaires de corruption et de dilapidation des deniers publics. Des pratiques de népotisme et de favoritisme ont été largement mises en valeur par les enquêtes d’Algérie Part. 

A titre d’exemple, le secrétaire général du Fonds National d’Investissement (FNI), Mr Kamal ABIDINE a été recruté en 1973 en qualité de simple agent. Activant au sein de la cellule FLN de la BAD lui a servi de tremplin pour se maintenir plus de 44 années au sein du FNI, dépassant ainsi son âge de retraite de 10 années !

Cela n’empêche nullement Mr ABIDINE, a plus de 71 ans, d’abuser en privilèges au sein de cette institution dépendant du Ministère des Finances, pour demander un prêt équivalent à 24 mois de salaires, à savoir plus de 4.426.876,28 DA. Le Directeur Général, Mr HADDAD place son fils à la banque d’Algérie et le secrétaire général, Mr ABIDINE place lui sa fille chez AXA dont le FNI est actionnaire à hauteur de 30%  en contrepartie de quoi ? Financements occultes, privilèges douteux et un rôle  controversé dans tous les méga-projets du pays, le FNI est bel et bien un maillon important du « fassad », la corruption, en Algérie. Pourquoi les autorités actuelles tardent à lui réclamer des comptes ?

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