La polémique ne cesse d’enfler depuis le début de cette semaine en Algérie. Une polémique virulente qui met en cause les personnalités ayant composé un panel de dialogue avec le pouvoir et à sa tête Abdelkader Bensalah. Ces personnalités font l’objet d’une véritable vindicte populaire. Ont-ils réellement trahi le hirak ? Karim Younes, l’ancien chef  du parlement de 2002 à 2004, a réagi sur sa page Facebook en publiant un texte au cours duquel il apporte des réponses concrètes à ces sévères critiques. Nous invitons nos lecteurs et lectrices à débattre autour de ces réponses. 

« L’histoire est une roue qui se déroule sans fin et nul ne peut entraver sa course ni l’empêcher d’atteindre son destin.

Je suis plus soucieux du futur de mon pays que du présent de ma propre image. C’est alors, en mon âme et conscience que je me suis senti obligé…l’obligé de mes compatriotes, l’obligé de nos enfants, adultes en devenir, exclusivement.

Même si je dois encore être victime de mise en accusation, je continuerai à agir de façon équitable en dépit de la manière inique dont certains opèrent car je me veux engagé dans ce processus qui vise à prendre à bras le corps la réalité telle qu’elle est.

Je suis triste de constater que mon appel à l’action se transforme en appel à la réaction. « L’homme instruit par l’Histoire sait que la société est transformée par l’opinion, que l’opinion ne se modifiera pas toute seule et qu’un seul individu est impuissant à la changer…

…Mais il sait que plusieurs hommes opérant ensemble dans le même sens peuvent modifier l’opinion. Cette connaissance lui donne le sentiment de son pouvoir, la conscience de son devoir et la règle de son activité qui est d’aider à la transformation de la société dans le sens qu’il regarde comme le plus avantageux… ».

Tenter d’obtenir la libération de jeunes manifestants pour avoir porté le drapeau de ses couleurs identitaires est une tare ? De faire arrêter les violences policières sur les manifestants est une hérésie ? Faire sauter les verrous qui empêchent l’accès de la capitale les jours de marches, une faute grave ? D’appeler à l’ouverture des média aux opinions qui courent dans la société une ineptie ? De porter la voix de millions d’Algériens pour le départ de l’actuel gouvernement, une lubie ?

Que veut-on au juste ? De laisser tous ses leviers de pouvoir au pouvoir que l’on veut abattre ?

Non, je ne suis pour ma part ni le pouvoir, ni son émissaire. Je suis seulement un citoyen appelé à apporter sa contribution aux côtés des hommes et des femmes de bonne volonté pour faire aboutir la lutte enclenchée de longue date, impulsée par la révolution de février 2019.

Que ceux qui pensent détenir la Vérité, en s’installant dans le confort du censeur fassent mieux. J’applaudirai à leurs succès.

Karim Younes »

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