Au moment où l’Algérie subit l’une de ses plus graves crises politiques contemporaines, des lobbys puissants et des réseaux d’affairistes font des pressions et des manoeuvres dans le but d’imposer à l’Etat algérien des marchés douteux et suspects qui vont le dépouiller de ses deniers publics. C’est en tout cas ce que nous avons découvert au cours de nos investigations au sujet des tarifs exorbitants du remboursement de la pompe à insuline que certains acteurs du lobby des médicaments veulent imposer au ministère de la Santé et à la Caisse Nationale de la Sécurité Sociale (CNAS). 

Pour comprendre les enjeux de ce dossier délicat, il faut savoir que  la société des Industries médico-chirurgicales est le leader du consommable médical en Algérie. Elle occupe une position monopolistique en hémodialyse et une position dominante dans les autres domaines de la santé notamment en cardiologie, chirurgie cardiaque, orthopédie , neuroradiologie interventionnelle , Diabetologie ( pompe à insuline), etc. Elle détient en Algérie le portefeuille des produits Medtronic qui est très large.

Il faut savoir aussi que les patients éligibles pour la pompe sont formés dans les sévices de diabetologie. La formation est simple. Malheureusement, nous avons constaté ces jours-ci qu’un lobbying est en cours pour imposer un tarif exorbitant de remboursement de la pompe. Le marché est énorme. En effet, le nombre de diabétiques en Algérie est estimé à 4 millions dont 10% d’insulino- dépendants , soit 400000 patients . Un tarif exorbitant de remboursement laissera une belle marge bénéficiaire nette, 1000 euros par unité au minimum. Le bénéfice escompté sera donc de 400 millions d’euros par an au minimum

Le ministère de la santé et celui du travail ont ignoré la proposition de plusieurs autres opérateurs pharmaceutiques qui ont proposé la commercialisation du  glucomètre non invasif dont le service rendu pour les patients et l’état est énorme. En Algérie, de nombreux spécialistes ont reconnu que le recours des diabétiques à l’utilisation des bandelettes pour l’auto mesure du taux de leur glycémie est exagéré. Il est même source de gaspillage. Preuve en est, le budget de la CNAS pour le remboursement des bandelettes dépasse les 10 milliards de dinars, à savoir près de 100 millions d’euros ?!

Il faut savoir, par ailleurs, qu’en Algérie, le prix d’une pompe à insuline est fixé au-delà de 61 millions de centimes, à savoir plus de 3000 euros. La pompe à insuline est donc un luxe que très peu d’algériens peuvent se le permettre. Dans ces conditions, contraindre la CNAS à rembourser les prix de cette pompe est une très mauvaise option qui va coûter cher au Trésor Public et enrichira seulement le distributeur privé de la pompe à insuline. Des spécialistes du diabète ont conseillé ainsi de mettre en place des structures qui permettent de louer ces pompes à insuline aux diabétiques les plus démunis et pauvres. En France, à titre d’exemple, ces pompes sont louées jusqu’à 10 euros par mois avec un suivi personnalisé. L’Algérie peut aisément s’inspirer de ce modèle au lieu de dépenser des milliards et des milliards pour enrichir des opérateurs et importateurs privés privilégiés.

Face à cette problématique, des opérateurs pharmaceutiques algériens ont proposé également au ministère de la Santé de fournir une alternative révolutionnaire qui permet au patient de mesurer son taux de glycémie autant de fois que nécessaire, et de manière de manière non-invasive, tout en réduisant considérablement le coût de ces mesures. En effet, avec cette nouvelle solution, il n’y a plus de lancettes, plus de bandelettes réactives et plus de piqures.  Nous contribueront ainsi à : non seulement améliorer le quotidien des patients diabétiques dans notre pays. Mais aussi et surtout, contribuer à baisser le coût global de prise en charge de cette pathologie.

Malheureusement, les autorités algériennes ont ignoré sciemment ces solutions préférant ainsi entretenir une situation inédite de monopole et de gaspillage des deniers publics. Et c’est pour cette raison que  la bandelettes et les lecteurs de glycémie sont au cœur de plusieurs scandales.  Les associations censées défendre les patients sont complices avec les détenteurs de marché énorme monopolisés par quelques privilégiés. Une bonne gouvernance avec une bonne gérance de l’argent des cotisations salariales auraient fixer des tarifs de référence et de remboursement adaptés ( et non gonflés+++) à de nombreux dispositifs médicaux et de nombreuses interventions et soulager ainsi de nombreux patients.  A titre d’exemple, nous pouvons citer :

– le stent coronaire actif
– le glucomètre non invasif
– la pompe à insuline en commençant par les enfants
– les séances de radiothérapie

Fixer le prix de remboursement du stent coronaire actif à 120000,00 DA est franchement scandaleux. C’est pour cette raison que les positions dominantes sont très dangereuses. Ces pratiques que certains experts et médecins n’hésitent pas à qualifier de « scandaleuses » ont engendré d’autres dysfonctionnements au ministère de la Santé. Des dysfonctionnements qui touchent directement la fourniture des équipements médiaux aux hôpitaux algériens. Ainsi,  les patients dépendants du CHU Oran attendent leurs 2 accélérateurs depuis 2015 ! Les annulations de plusieurs attributions pour scanners et IRM ainsi les prix exorbitants des attributions récemment publiées suscitent également beaucoup de questions.

Des changements urgents doivent être opérés et le chantier est immense. Mais pour ce faire, la pharmacie centrale des hôpitaux  (PCH) mérite plusieurs enquêtes. Et pour cause, une source fiable a attesté à Algérie Part que plusieurs responsables du ministère de la santé et de la PCH ont passé récemment un séjour inoubliable à Dubai lors de l’Arab health 2018 . Ils étaient invités en VIP par un soumissionnaire qui a pu rafler plusieurs marchés de la PCH quelques mois plus tard !

Une autre source bien informée à révélé à Algérie Part qu’un DG d’un CHU -Alger a 3 enfants qui font des études universitaires en France depuis plusieurs années . Ils ne sont pas boursiers. Leur père doit dépenser 2-3000 euros par au minimum. Des importateurs et opérateurs pharmaceutiques sont soupçonnés de financer les études à l’étranger de ce haut responsable algérien.

Pour éloigner les soupçons et ne pas laisser de traces, les distributeurs parrainés par un DG d’un hôpital où un directeur central du ministère de la Santé sont automatiquement sélectionnés lors des appels d’offres magistralement truqués ou de consultation lancées en catimini avec 1-2 lièvres dans un Hôpital ou une direction de santé de Wilaya. Algérie Part poursuit ses investigations et reviendra sur ce sujet avec de nouvelles révélations.

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