Algérie Part a obtenu au cours de ses investigations des documents exclusifs qui démontrent que le régime algérien a largement surfacturé et gonflé le montant du projet de l’autoroute est-ouest. Depuis décembre 1997, les autorités algériennes disposaient d’une étude technique approfondie et complète indiquant que le montant de ce méga-projet était évalué à près de 3 milliards de dollars. Or, des années plus tard, l’autoroute est-ouest a fini par coûter à l’Algérie plus de 13 milliards de dollars ! Comment est-ce possible ? 

Algérie Part possède effectivement le rapport final de l’étude réalisée par la Société Algérienne d’Etude d’Infrastructures (SAETI), un bureau d’études très sérieux placé sous la coupe du ministère des Travaux Publics. En effet, créée le 01 octobre 1974 en partenariat avec la société Dorsch Consult INGENIEURGESEUSCHAFT MBH de droit Allemand. la Société algérienne d’étude d’infrastructures (SAETI) a connu une modification de ses statuts, elle est devenue depuis le 1er janvier 2012 EPE-SAETI-Spa à 100%, filiale du groupe d’Entreprises GEICA en 2016, sous tutelle du ministère des Travaux publics et des transports. L’EPE-SAETI-Spa a à son actif un capital d’expérience de plus de 40 ans , au fil duquel a développé un savoir-faire de niveau national et international dans le domaine d’études, de contrôle, de suivi, d’assistance et d’expertise d’infrastructures routières, autoroutières, ouvrages d’art, aérodromes et ferroviaires.

Ce rapport final en notre possession avait évalué depuis décembre 1997 tous les coûts du projet de l’autoroute est-ouest. Il avait également étudié et disséqué toutes les parties de ce projet de la réalisation des travaux jusqu’à l’installation des stations pour le péage et l’entretient des divers tronçons de l’autoroute est-ouest.

Ce rapport contient plus de 230 pages et fournit toutes les indications techniques et financières sur ce méga-projet que l’Etat algérien envisageait de réaliser depuis la fin des années 90. Il faut effectivement savoir que les études d’avant projet sommaires (APS) sur environ 1 100 km entre Annaba et Tlemcen ont été engagées en 1988 et terminées en 1994. Et en décembre 1997, l’Etat algérien a engagé une étude finale qui trace une feuille de route pour le réalisation de cette autoroute est-ouest.  C’est dire que beaucoup de travail a été effectué avant le 25 juillet 2005, le jour où  le décret exécutif a été publié pour déclarer d’utilité publique l’opération portant réalisation de l’autoroute Est-Ouest sur l’ensemble de son tracé. 

Les autorités algériennes disposaient d’un véritable guide pour assurer le management de ce projet stratégique. Malheureusement, ce guide n’a pas été suivi et l’Algérie s’est retrouvée au coeur d’un énorme scandale de corruption à cause des pratiques obscures ayant entouré l’autoroute est-ouest. Et pour cause, comme l’indiquent les documents exclusifs en notre possession, le coût d’investissement global de l’autoroute est-ouest ne devait pas dépasser les 300 milliards de Da, à savoir à peine plus de 3 milliards de dollars. Cette étude technique et expertise financière avait conclu qu’il faudrait dépenser 220 millions de Da par KM pour réaliser toute l’autoroute est-ouest. Et même si ce montant global a été calculé en hors taxes, il n’a quasiment aucune commune mesure avec le montant final de cette autoroute dont chaque KM a coûté à l’Algérie près d’un milliard de DA, soit prés de 8 fois plus le montant initial prévu par cette étude officielle commandé par le gouvernement en 1997. Que s’est-il donc passé pour perdre autant d’argent, soit plus de 10 milliards de dollars dans ce méga-projet ? Seul Amar Ghoul, ministre en charge de ce projet du siècle entre 2002 et 2013, peut répondre à cette question.

 

 

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