Les personnalités politiquement exposées en Algérie (PPE) ne sont plus les bienvenues dans les banques suisses. Crédit Suisse et UBS, deux grandes banques suisses, ont officiellement écrit à plusieurs de leurs clients algériens pour leur donner un « délai de deux mois » afin de « changer leurs domiciliations bancaires » et de fermer ainsi leurs comptes dans ces deux établissements classés parmi les plus prestigieux en Suisse, a-t-on appris auprès de plusieurs banquiers installés à Genève. Cette mesure a été adoptée depuis la fin du mois de juin dernier, certifient nos sources. 

Les deux banques suisses ne veulent plus s’afficher avec des personnalités politiques ou hauts responsables algériens au moment où l’Algérie est en train de connaître un important mouvement révolutionnaire et une opération « mains propres » qui a conduit les milliardaires les plus riches du pays et les hommes politiques les plus influents à la prison d’El-Harrach.

Les deux banques suisses veulent échapper également au « gel des avoirs du clan Bouteflika » décidé par les autorités suisses à la suite des réclamations déposées par un collectif d’avocats algériens établis en Europe. 

L’argent algérien est aujourd’hui considéré comme un revenu de source douteuse et potentiellement illégale. Les grandes banques suisses ne veulent pas prendre le risque d’entacher leur réputation en conservation les comptes des PPE algériens. Selon nos sources, les algériens ciblés par cette mesure ne sont pas tous forcément des hauts responsables occupant des fonctions au sommet de l’Etat. Nous retrouvons également de nombreux simples cadres des administrations ministérielles détenant des comptes bancaires à l’UBS ou Crédit Suisse. Des comptes abritant des sommes peu considérables évalués à quelques milliers de francs suisses. Certains diplomates algériens à la retraites et des businessmans cités dans des dossiers de corruption en Algérie figurent sur cette liste des persona non grata par établie par les banques suisses.

 

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