Tayeb Louh n’est, officiellement, plus ministre de la justice.  Mais son influence et sa mainmise sur l’appareil judiciaire demeurent intactes. Preuve en est, à la Cour de Mostaganem, les acolytes et les fidèles de Tayeb Louh tentent d’étouffer secrètement un dossier qui est en cours de traitement au tribunal de Sidi Ali dans la wilaya de Mostaganem. 

Ce dossier concerne des acquisitions douteuses de plusieurs terrains et assiettes foncières. Et dans ce dossier en cours d’instruction, le Wali de Mostaganem, Rabhi Mohamed Abdenour, est largement cité comme étant complice dans ces opérations opaques et suspectes. Or, ce Wali n’est que le beau-frère du célèbre milliardaire Ali Haddad et disposait depuis des années d’un énorme lobbying à son service. D’ailleurs, ce haut fonctionnaire de l’Etat a connu une ascension fulgurante grâce à sa proximité avec Ali Haddad puisqu’il a été promu Wali en un temps record alors qu’il était uniquement chef de daira à Rouiba (Alger).

Le wali de Mostaganem est également un acteur très proche de Tayeb Louh, l’ex-ministre de la Justice épargné jusque-là par la purge anti-corruption mené au plus haut sommet de l’Etat. Apeuré et craignant des informations compromettantes que pourrait contenir le dossier traité au niveau du tribunal de Sidi Ali, Tayeb Louh contacte rapidement Sahraoui Azzedine, président de la Cour de Mostaganem, un des magistrats qui vouent encore une allégeance absolue à l’ex-ministre de la Justice. Sahraoui Azzedine va tenter de faire pression sur le juge d’instruction près du tribunal de Sidi Ali pour le contraindre à lui dévoiler tous les éléments constitutifs de l’enquête menée sur les transactions immobilières et acquisitions foncières douteuses dans la wilaya de Mostaganem.

Mais le juge d’instruction Hadefi Samir refuse d’obtempérer à ces pressions et exige au président de la Cour de Mostaganem un écrit officiel pour se conformer à la réglementation en vigueur. Pressé par un Tayeb Louh en panique, le président de la Cour de Mostaganem adresse un écrit au juge d’instruction du tribunal de Sidi Ali. Ce dernier se saisit de cette « opportunité » et adresse une correspondance au ministère de la Justice pour se plaindre officiellement des pressions qu’il subit en raison de ce dossier impliquant le Wali de Mostaganem et Tayeb Louh.

L’affaire suscite un véritable scandale au ministère de la Justice où des hauts responsables tentent, désormais, de l’étouffer pour que personne ne puisse l’ébruiter. C’est dire enfin que les amis de Tayeb Louh tentent toujours de protéger leur ancien « parrain » ou  « protecteur ». Et c’est, sans doute, pour cette raison que le sieur Louh n’est toujours pas inquiété par la Cour Suprême.

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