Lutter contre la corruption, c’est bien, voire nécessaire. Mais emprisonner les oligarques algériens, les juger ou les condamner, c’est également important. Mais hypothéquer l’avenir de plusieurs milliers de travailleurs algériens et leurs familles alors qu’ils n’ont strictement aucune relation avec les affaires louches de leurs patrons, c’est une énorme injustice qui va causer un préjudice considérable à la stabilité de l’Algérie. 

Et les premiers signes de cette injustice nous proviennent de Tiaret, une ville ravagée par le chômage et la pauvreté, l’une des régions les plus sous-développées et précaires de toute l’Algérie. Dans cette région, l’usine de montage des véhicules Hyundai appartenant à la famille Tahkout dont tous les membres sont emprisonnés à El-Harrach depuis le 10 juin dernier, est en arrêt et pas moins de 1400 travailleurs sont en chômage technique. Un chômage technique qui risque de se transformer très bientôt en chômage très court car cet arrêt de travail est dû à une rupture des kits de montage CKD/SKD, alors qu’un millier de conteneurs de ces kits destinés à l’usine TMC (Tahkout Manufacturing company), sont bloqués au port de Mostaganem en raison des interdictions et restreintes imposées par les enquêtes sur les affaires de corruption. La suspension des dossiers financiers de ces conteneurs au niveau de certaines banques privées avec lesquels le groupe traite habituellement paralysent toutes les activités du groupe Tahkout.

Ce dernier ne peut plus donc maintenir en activité l’usine de Tiaret, l’une des rares qui a créé des emplois dans cette région martyrisée par la pauvreté. Le sort de plus de 1400 familles sera bel et bien tragique si cette usine ferme définitivement. Les autorités n’ont pensé à aucun plan pour assurer la survie d’une quelconque activité économique. Qu’adviendront-ils ces 1400 travailleurs ? Qui nourrira leurs enfants, paiera leurs loyers et soigneras leurs patients ? Le licenciement de ces travailleurs pourrait déstabiliser toute une région sensible du pays. L’Etat doit en urgence penser à des solutions économiques pour empêcher un tel scénario catastrophique. Il y va de l’avenir de notre pays.

 

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