Pour ceux qui ne la connaissent pas, Mme Fafa Benzerrougui est la Présidente du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH), mis en place en 2016, en remplacement de la CNCPPDH, présidée à l’époque par l’indéboulonnable Me Farouk Ksentini (2001-2016). Concrètement, le CNDH est une institution nationale des droits de l’Homme, créée conformément aux Principes directeurs adoptés par la résolution 48/134 de l’Assemblée Générale de l’ONU. 
En gros, une institution nationale des droits de l’Homme est un petit gendarme chargé par les autorités publiques de veiller sur le respect des droits de l’Homme dans la loi et dans les faits.
Une institution nationale des droits de l’Homme, dont les membres sont majoritairement issus des associations nationales, est censée se positionner à distance égale entre les autorités publiques et la société civile.
Malheureusement, force est de constater que dans plusieurs pays du monde ce genre d’institution se transforme en organe alibi, chargé uniquement de soigner l’image du pouvoir en interne et en externe.
C’est le cas en Algérie. Depuis le 22 février 2019, Fafa Benzerrougui est aux abonnés absents. Rappelons qu’il s’agit d’une ancienne magistrat de carrière, nommée dans ce poste en 2016, vraisemblablement, sur proposition du Ministre de la Justice, M. Tayeb Louh. Aucune déclaration, ni prise de position, ni condamnation, pour ne pas dire appui ou soutien au tsunami populaire, qui, pourtant, revendique le respect des droits civils et politiques des Algériens (Justice, liberté, égalité, alternance au pouvoir,…etc).
C’est un peu normal, quand on constate que la mise en place de cette institution fin 2016 avait déjà souffert de beaucoup d’incohérences. La composante du CNDH laisse à désirer. Une fois de plus, les bonnes personnes ne sont pas au bon endroit.
Un silence curieux, voire complice, qui nous rappelle les raisons profondes du mouvement populaire que connaît l’Algérie actuellement. Les Algériens veulent un État articulé autour d’institutions réelles et effectives, et pas un système puissant son (il)légitimité d’organes fantoches, tels que le Conseil des Droits de l’Homme de Fafa Benzerrougui.
D’après nos investigations, cette institution a été désintégrée de l’intérieur à cause du lobbying exercé par Tayeb Louh auprès de la Présidence de la République à l’époque des Bouteflika dans le but de protéger les « dérapages » et « dérives » commises par l’appareil judiciaire dont il était le premier responsable entre 2013 et 2019. Des dérives dont il était le premier commanditaire avec pour but d’instrumentaliser la justice pour servir ses ambitions politiques. Des ambitions avortées et gâchées par le mouvement populaire algérien qui a chassé Tayeb Louh du pouvoir.

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