Pour résoudre la crise politique que vit le pays, il y a deux offres sur la table. La première cherche à trouver un compromis avec l’Etat-Major qui est prêt à accepter une réforme dans le régime et un changement de personnel politique.

Parmi les personnes qui soutiennent cette perspective, il y a des gens sincères qui pensent qu’on ne peut pas éliminer du jour au lendemain l’armée du champ politique parce qu’elle est la garante de l’unité nationale et de la stabilité du pays. Il y a malheureusement aussi beaucoup d’opportunistes qui y voient l’occasion d’être ministre, ambassadeur, sénateur, député, wali, etc.

L’autre offre insiste sur un changement radical pour construire un nouveau régime où l’armée est une institution dépendant des autorités civiles à légitimité électorale. Dans ce camp, il y a aussi des opportunistes qui cherchent des places, mais c’est la perspective qui traduit le mieux la revendication populaire yetnahaw ga3.

Je ferais deux remarques. Première remarque, le clivage sur la sortie de crise traverse aussi l’armée. L’aile dure des généraux soutient la première offre, mais il y a des officiers supérieurs qui veulent un changement parce qu’ils sont blessés d’entendre que le grade de général est synonyme de voleur et d’assassin. Si l’Etat Major n’a pas lancé les chars contre les manifestants, c’est parce qu’il sait que la mesure ne ferait pas l’unanimité dans l’armée.

Si la protestation populaire du vendredi continue, l’aile dure des généraux changera sa position pour accepter les revendications de la population.

Deuxième remarque, toute élection organisée en Algérie sera truquée si le DRS, la police politique de l’EM, n’est pas dissoute. En contrôlant la chaîne du processus de vote, du bureau de vote au ministère de l’intérieur, avec l’aide de la gendarmerie et de la DGSN, le DRS fera élire qui il veut. Les conditions institutionnelles pour des élections libres ne sont pas réunies. A ce jour, l’EM n’a montré aucune volonté réelle de réunir ces conditions. Le peuple a bien compris cet obstacle et il veut l’enlever avant d’aller vers les élections. Un vieil oranais m’a dit : on ne peut pas aller aux élections avec Djeha.

Par Lahaouri Addi 

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