Vingtième vendredi de contestation pour le peuple algérien qui est descendu une nouvelle fois dans la rue ce 5 juillet. La foule réclamait le départ d’Ahmed Gaïd Salah, le chef de l’armée à la tête de l’État depuis le départ d’Abdelaziz Bouteflika. Ce vendredi coïncidait en outre avec l’anniversaire de l’indépendance du pays.

Vendredi 5 juillet, cette journée de commémoration avait tout pour devenir historique: pour fêter les 57 ans de leur indépendance, des milliers d’Algériens – sans doute davantage – sont descendus un vingtième vendredi d’affilée dans la rue pour réclamer leur «seconde indépendance», à savoir le départ des militaires et des cadres du FLN au pouvoir. En fin d’après-midi, une foule immense défilait dans les rues d’Alger et les manifestants ont forcé le barrage des policiers postés autour de l’esplanade de la Grande Poste, lieu emblématique de la contestation depuis ses débuts le 22 février.

«Partez, libérez l’Algérie», «Pour une Algérie libre et démocratique», «FLN dégage», «Y en a marre des généraux», pouvait-on entendre dans les rues de la ville. Les manifestants scandaient des slogans réclamant le départ d’Ahmed Gaïd Salah, le chef de l’armée à la tête de l’État depuis le départ d’Abdelaziz Bouteflika et la libération des manifestants incarcérés, et notamment celle de Lakhdar Bouregaâ. Ce vétéran de l’indépendance a été arrêté samedi 29 juin, il est accusé «d’atteinte au moral des troupes de l’Armée nationale populaire et outrage à corps constitué».

Dans le centre du pays, la mobilisation des citoyens a été « plus forte » que les vendredis précédents, notamment dans les villes de Tizi-Ouzou, Bouira, Béjaia, Médéa, Boumerdes, Tipasa, Blida, Chlef et Ain Defla.

Les manifestants ont sillonné les principales artères des villes, entonnant l’hymne national, des chants patriotiques et des chansons engagées, et en scandant les traditionnel slogans du Hirak pour « un changement du système de gouvernance et le départ de tous ses représentants », pour « une Algérie libre et démocratique ».

Les manifestants qui ont brandi l’emblème national et le drapeau culturel amazigh, ont aussi exigé le  »jugement des responsables impliqués dans des affaires de corruption et de détournement de deniers publics », « la libération des détenus d’opinion », et ont exprimé leur attachement à l’unité nationale.

Dans les wilayas de Blida, Médéa et Tizi-Ouzou, un hommage a été également rendu aux martyrs et moudjahidine qui ont libéré le pays du joug colonial français.

Dans l’est du pays, ils étaient des dizaines de milliers de citoyens à sortir pour exiger « le respect de la volonté du peuple », scandant : « le peuple est source de tout pouvoir », « rupture immédiate et totale avec le système » et « partez tous ».

A Mila et Oum El Bouaghi, sur les banderoles des marcheurs, on pouvait notamment lire : « Nous poursuivons notre mouvement jusqu’à l’édification d’un Etat de compétences », « Pour une période de transition menée par des personnes intègres« .

A Annaba, les centaines de citoyens qui se sont rassemblés ont brandi plusieurs portraits des martyrs de la Guerre de libération et une banderole sur laquelle était écrit, « Nous vous restons fidèles ».

 

Dans la capitale des Aurès, à Batna, les quelques milliers de marcheurs qui ont bravé la canicule, enveloppés dans l’emblème national, ont sillonné le centre-ville entonnant des chants patriotiques, et exigeant le départ de la « Iissaba (mafia ndlr) » et revendiquant « un Etat civil ». Les mêmes revendications ont été réitérées par les manifestants à Skikda.

A M’sila, les manifestations ont été distinguées par un appel au respect des symboles de la Révolution. « Non au dénigrement des symboles de la Révolution », scandait la foule.

Dans l’ouest du pays, les même slogans ont été affichés par les marcheurs dans les artères principales des villes d’Oran, Mostaghanem, Naama et autres.

Sur les banderoles, on pouvait constater les revendications pour « davantage de liberté d’expression », « l’institution d’un Etat de droit », et pour « l’unité nationale« .

Les manifestants ont également exprimé leur détermination à poursuivre leur mouvement jusqu’à la satisfaction des revendications du Hirak, dont « la garantie de conditions optimales pour organiser les élections présidentielles en toute transparence », appelant  et à « la poursuite de la lutte contre la corruption ».


Dans les régions du Sud, de petits groupes de manifestants se sont rassemblés après la prière du vendredi à Ouargla et à Laghouat pour appeler au changement politique.

Une trentaine de manifestants ont marché à travers les principales artères de la ville d’Ouargla, et une vingtaine d’autres se sont regroupés à la place de la résistance à Laghouat avant de se disperser, dissuadés par la chaleur caniculaire qui sévit dans la région.

Dans d’autres wilayas du Sud, les manifestations étaient attendues après la prière d’El-Asr, en fin d’après-midi, à l’exemple de Tindouf et Ghardaia.

A noter que ces marches se sont déroulées dans le calme au milieu de dispositifs sécuritaires déployés à différents points sensibles des villes afin d’éviter tout éventuel dérapage.

 

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