C’est une situation bel et bien inédite. L’affaire Tahkout est gérée de manière très occulte et mystérieuse par les responsables de la Cour d’Alger.  Preuve en est, les avocats de toutes les personnes impliquées dans cette affaire dont le bâtonnier d’Alger en personne et plusieurs d’autres avocats algériens de renom, n’ont pas pu avoir accès au dossier d’inculpation.

Nous avons effectivement appris auprès de plusieurs sources qu’à l’exception de quelques P.V relatifs aux déclarations des accusés présumés qui portent le nom de beaucoup de hauts responsables, à l’image de Abdelwahid Temmar, Abdelkader Zoukh et d’autres anciens membres du gouvernement, le dossier d’accusation concernant les affaires de Mahieddine Tahkout, est mystérieusement préservé à la Cour d’Alger.  Loin de tous les regards indiscrets, personne n’a eu encore droit à cette pièce maîtresse notamment les avocats des inculpés qui ont violemment critiqué cette manœuvre extrajudiciaire qui ne leur facilite guère la tâche pour mettre en cause la détention provisoire de leurs clients.

Rappelons que dans cette affaire, plusieurs directeurs exécutifs relevant de la wilaya d’Alger, sont mis en détention provisoire contrairement au sort de l’ex-premier responsable de la wilaya, en l’occurrence, le Wali Abdelkader Zoukh, lequel a été seulement placé sous contrôle judiciaire.  Les directeurs régionaux des œuvres universitaires ont été incarcérés au pénitencier d’El Harrach pour une histoire de cahier de charges qui est, pourtant, initié et agréé par leurs supérieurs hiérarchiques au ministère de l’Enseignement Supérieur à l’époque dirigé par Tahar Hadjar. Ce dernier n’a pas été inquiété alors que des cadres ordinaires ont été envoyés à la prison d’El-Harrach.

Pourquoi donc toute cette discrétion autour de ce fameux dossier Tahkout et que contient-il au juste de si gênant pour que les autorités judiciaires veuillent le dissimuler aux avocats ?

En attendant des réponses à cette question délicate, les employés du groupe TAHKOUT sont martyrisés par une angoisse permanente. Les 16 mille foyers qui vivent de leurs salaires payés par ce groupe privé sont en danger et leur gagne-pain est plus que jamais menacé. Et pour cause, toute la famille Tahkout a été décapitée puisque Mahieddine Tahkout, son frère Rachid et son fils Bilal ont été emprisonnés à El-Harrach.

Ces trois personnes sont les gérants de plusieurs sociétés qui emploient indirectement près de 35 mille personnes. La justice détient-elle des preuves qui accablent toute la famille Tahkout ? Sont-ils tous coupables de corruption au même titre que Mahieddine Tahkout ? Et si tous les gérants d’un important groupe privé sont en prison, qui peut oeuvrer pour assurer la pérennité des salaires de ces milliers de travailleurs ? La justice devra réfléchir sérieusement avant de répondre à ces questions.

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