Depuis le 22 février 2019, le peuple Algérien bat le pavé pacifiquement et massivement pour réclamer le changement radical du système. Cette mobilisation ne fléchit pas depuis cette date, synonyme qu’une Révolution citoyenne est en marche. Celle-ci porte les aspirations de toute une nation unie pour un idéal, celui d’une Algérie meilleure, de Justice Sociale et de Solidarité, d’Égalité et d’Équité, de Démocratie et de Paix, pour consacrer un État de Droit et de Liberté.

Le régime, acculé et dépourvu de toute légitimité, et de soutien au sein de la société, s’enferme dans une logique d’entêtement et ne répond pas aux attentes de l’écrasante majorité des Algériens. Il accroît parallèlement la répression contre les citoyens et viole chaque semaine le droit de manifester en bloquant les accès à la capitale. Le pouvoir mène également une guerre ouverte contre le mouvement populaire dans des médias qu’il contrôle et le cyber-espace, en réquisitionnant les moyens de l’État. Ces pratiques sont dignes des régimes despotiques et dictatoriaux. Face à cette posture anti-nationale des décideurs actuels, le peuple est tenace et résolu. Il ne sera pas découragé, ni par les tentatives de division, ni par la propagande mensongère de ses relais, ni par les menaces.
Le Haut Commandement militaire, qui est le pouvoir réel depuis 1962, et sa police politique, sont amenés à rendre le pouvoir au peuple, qui scande « djoumhouria madania, machi 3askaria » (république civile, pas militaire). L’État major et les services de renseignements ne doivent aucunement intervenir dans le champ politique, judiciaire et médiatique. Le militaire doit se subordonner au civil. L’armée doit être au service du peuple, au même titre que les autres institutions.
L’État major doit admettre que la solution en Algérie est d’ordre politique. Le régime n’a cessé de dénaturer et de violer la Constitution. En voulant organiser des élections présidentielles, rejetées par la société, avec le même personnel politico-administratif et en utilisant les mêmes outils de la fraude, le système cherche en réalité à se pérenniser.
Nous sommes convaincus qu’une Transition Démocratique Indépendante du système demeure le mécanisme politique le plus approprié pour permettre au peuple Algérien de recouvrir de manière pacifique sa souveraineté pleine et entière. Une Transition Démocratique menée et gérée exclusivement par des femmes et des hommes non liés au régime, intègres et désintéressés. Une Transition qui permettra au peuple de s’engager dans un processus qui devra, à terme, consacrer la séparation effective des pouvoirs, la vraie autonomie des contre-pouvoirs, une Justice réellement indépendante, la liberté de la presse, et une égalité concrète entre les citoyennes et les citoyens. Une Transition Démocratique pour acter la véritable rupture.
Par ailleurs, nous dénonçons toute atteinte aux Droits Humains et aux libertés fondamentales. Nous exigeons la libération immédiate de tous les détenus d’opinion, la cessation immédiate des intimidations, ainsi que les entraves à la liberté de se déplacer et de manifester pacifiquement. Tout comme nous condamnons toute ingérence étrangère, quelle qu’elle soit.
Enfin, nous rappelons que la diaspora algérienne, partie intégrante du peuple algérien, s’est inscrite tout naturellement, dès le début du mouvement populaire, en phase avec la Révolution citoyenne. Elle participe à la construction de l’alternative démocratique et sociale, en opposition au chaos provoqué par le pouvoir.
Pour renforcer et réitérer notre soutien à nos compatriotes, nous appelons les Algériennes et les Algériens de la diaspora, de même que l’ensemble des organisations et collectifs, à participer à la « marche pour une Transition Démocratique indépendante du système, pour l’État de Droit et l’arrêt de la répression en Algérie »

 

Par LE COLLECTIF POUR UNE ALTERNATIVE DÉMOCRATIQUE ET SOCIALE EN ALGÉRIE (CADSA – MARSEILLE)

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