Depuis sa création en 1999 par les frères Belfar à Blida, la marque Vitajus a toujours été considérée comme l’une des marques de jus les plus prisées en Algérie. Mais en 2015, Vitajus prend une nouvelle dimension… politique en raison d’une polémique qui n’a jamais cessé d’enfler à cause de son rachat par Amine Melzi, l’un des fils de Hamid Melzi, l’ex-puissant patron emblématique de la résidence d’Etat de Club-des-Pins. 

Ce rachat a suscité de nombreuses spéculations. Et les rumeurs les plus folles ont circulé à propos des ambitions de la famille Melzi. Le nom de la famille Melzi a été largement évoqué. Pis encore, le nom de Hamid Melzi a été associé à toutes les démarches de cette opération de rachat. Comment un simple fonctionnaire de l’Etat peut-il offrir à son fils une célèbre marque de jus ? Cette question est revenue sur toutes lèvres en Algérie depuis 2015.

Beaucoup d’encre avait  également coulé concernant le prix d’acquisition de l’usine, annoncé à 2,5 milliards de dinars, l’équivalent de 25 millions d’euros, mais surtout le versement de 900 millions de dinars de pots-de-vin. Algérie Part a obtenu au cours de ses investigations des documents exclusifs qui retracent les dessous de cette acquisition. Nos documents ont été extraits de l’acte de vente de Vitajus à Amine Melzi, le fils de Hamid Melzi.

Ces documents indiquent, d’abord, que le prix réel de la reprise de l’entreprise de Vitajus est de l’ordre de 1,65 milliard de dinars, soit l’équivalent de 16 millions d’euros. Une grosse partie de cette somme a été effectivement consacrée au rachat de l’entreprise, le reste pour rembourser des dettes contractées par l’entreprise auprès des banques publiques.

D’après les documents en notre possession, le 1,65 milliard de dinars a couvert le bâtiment et l’assiette. Amine Melzi s’est engagé également à prendre en charge toutes les dettes à l’encontre des fournisseurs, des clients, des banques. Une banque privée, à savoir la Trust Bank, a été chargée de chapeauter le montage financier de cette acquisition. Toutes les informations ont été communiquées à la Banque d’Algérie et elle figurent sur la centrale
des risques de la banque centrale.

Dés l’acquisition de l’entreprise, Amine Melzi a procédé à la signature d’un engagement dans lequel, il s’est engagé en sa qualité d’unique propriétaire à ne supprimer aucun poste d’emploi, sauf en cas de nécessité, à savoir insubordination, manquement disciplinaire et ce, dans le cadre de la législation du travail en vigueur. Le nouveau propriétaire a procédé, par la suite, au remboursement de crédits contractés auparavant par l’entreprise de l’ordre de 650 millions de dinars aux banques publiques. Après l’assainissement de la situation, Amine Melzi a conclu l’achat définitif de VITAJUS le 12 août 2015. Pour mener cet achat, Amine Melzi a utilisé son entreprise appelée T Energy, spécialisée dans la fabrication de thé glacé et des boissons énergisantes.

A la suite de cet achat, quelques problèmes ont rapidement éclaté notamment au niveau industrielle d’Oued Smar où Amine Melzi avait décidé de fermer un dépôt de distribution. Sa situation financière engendrait des pertes énormes estimées à plus de 10 millions de dinars par mois. Le nouveau propriétaire a décidé de procéder à la délocalisation des effectifs une autre structure. Certains travailleurs qui n’ont pas accepté d’être transféré vers un autre lieu de travail sont allés se plaindre à l’Inspection du travail. Ce premier désaccord entre quelques employés et la direction a créé une polémique. Mais le nouveau propriétaire a rassuré  que seulement 10 ou 11 travailleurs ont quitté l’entreprise. D’autre part, il est vrai qu’un climat de panique s’est installé au sein des travailleurs. Aujourd’hui, l’entreprise Vitajus compte 272 employés directs et une centaine d’employés indirects. Et depuis l’emprisonnement de Hamid Melzi le 7 mai dernier, le sort de cette entreprise est plus que jamais lié, pour ne pas dire dépendant, de ce que réserve la suite des évènements aux Melzi.

 

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