Algérie Télécom, un opérateur endetté, déficitaire, mal géré et aujourd’hui, il est utilisé comme instrument de censure des libertés sur Internet en Algérie. C’est l’histoire d’une société publique qui a été totalement détournée de sa vocation pour servir des intérêts politiques au détriment de la logique économique du développement.

Algérie Télécom, c’est d’abord, la médiocrité, l’incompétence, les mauvais choix technologique et une instabilité chronique. Concernant l’incompétence et la médiocrité, le meilleur exemple concerne la première responsable de la division commerciale, une parente à Fouad Belkecam, le puissant SG du ministère de Houda Feraoun.

Elle a été recrutée comme agent de guichet à Sonelgaz et à Algérie Télécom, grâce au népotisme, elle se voit divisionnaire commerciale avec sous sa coupe 5 directions importantes.

Les mauvais choix technologiques expliquent pour beaucoup les bilans dramatiques d’Algérie Télécom.  Acheter le FTTH avec une sur-facturation estimée à 330 millions de dollars pour enfin offrir un accès à 25000 da mensuel ! Cette bêtise n’a aucun équivalent car qui peut se permettre un service avec un tel tarif en Algérie ? Le comble est de déployer sans étude de geomarketing pour adapter cette offre aux besoins du marché. Même les logements LSP dont les acquéreurs peinent à payer le loyer de leur logement ont été dotés par le FTTH.

A Algérie Télécom, les dérives sont à collectionner au niveau du management. Ainsi, la 4G fixe a été déployée dans les villes alors qu’elle est réservée pour le rural. C’est une technologie réservée pour le mobile. Les opérateurs mobiles ont construit pendant 15 ans d’existence presque 15000 sites radio pour chacun d’entre eux alors  qu’Algérie Télécom vient en 2015 les concurrencer sur la 4G ? Est-ce une option commerciale qui relève du bon sens ?

L’addition finale est très salée : Algérie Télécom a placé ses relais 4G uniquement dans les bureaux de poste ce qui a occasionné une très mauvaise couverture du réseau. Les clients qui ont acquis la 4 G fixe chez Algérie Telecom ne rechargent plus à cause de la mauvaise qualité du service. Et pourtant, la direction commerciale de l’opérateur historique continuent de les compter comme des clients ! Il suffit de se rendre au niveau des agences d’Algérie Télécom pour constater les réclamations interminables des clients.

La jeune ministre Houda Feraouna a aggravé la situation d’Algérie Télécom par ses décisions arbitraires et son agenda mercantile.  Cette ministre est à l’origine du limogeage de 35 cadres compétents et d’autres cadres ont été mutés en dehors de la direction générale vers Tipaza  ou Koléa et ce pour concrétiser son plan personnel consistant à privilégier ses amis, alliés ou acolytes dans les affaires de passations douteuses des marchés publics.

 

Force est enfin de constater qu’aucune stratégie technologique ni plan de développement n’ont été élaborés jusqu’à ce jour à Algérie Télécom. Pour gagner de l’argent, il ne reste au final que… Mobilis ! Algérie Télécom facture chaque année près de 18 milliards de Da à Mobilis pour lui permettre d’exploiter son réseau d’antennes-relais. Et pourtant, il faut savoir que Mobilis peut construire en moins d’une année son propre réseau pour moins de 13 milliard de DA, mais personne ne veut permettre à Mobilis de voler de ses propres ailes car cet opérateur de téléphonie mobile incarne « la vache à traire » pour Algérie Télécom. Il n’a jamais été question de penser à l’émancipation de Mobilis pour ne pas priver Algérie Télécom de l’argent facile qu’elle acquiert chaque année.

N’oublions pas en dernier lieu l’instabilité des dirigeants : 5 PDG en 4 ans. Un record mondial. C’est dire qu’Algérie Télécom n’a plus aucune caractéristique d’une entreprise économique. Il s’agit réellement d’un simple et pur appareil politique.

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