Dans votre article publié en ligne en date du 22 Juin 2019 sous le titre : « Confidentiel : Mobilis et Iris : 300 Milliards de centimes pour des tablettes défectueuses », je vous demande selon les dispositions réglementaires de publier ce droit de réponse.

Ainsi dans cet article du 22 Juin 2019, vous me citez nommément en qualité d’ancien PDG de Mobilis sans même avoir pris la peine de recouper vos informations avec le principal intéressé, indument incriminé dans votre article. Il est vrai que j’ai été appelé en ma qualité de Directeur Général Adjoint chargé du Pôle commercial d’Algérie Telecom, à l’époque maison mère de Mobilis, de gérer l’Intérim du poste de Directeur Général de Mobilis, suite au départ de son PDG en date du 3 Décembre 2015. Il était question de commun accord avec les organes sociaux de l’entreprise (Assemblée Générale et Conseil d’Administration) que ma période d’intérim, ne dure que quelques semaines le temps de procéder à l’installation d’un nouveau responsable. C’est ainsi que j’ai signé un contrat CDD de 3 Mois. Malheureusement, cette période d’intérim a duré 350 jours pour prendre fin en date du 22 Novembre 2016.

Durant cette année et malgré mon statut précaire d’intérimaire, j’ai eu à affronter les défis liés au lancement de la technologie 4G. Car tout en étant bon dernier du classement des 3 opérateurs mobiles depuis des années, fallait absolument gagner la bataille de positionnement dans le cadre de l’attribution de la licence d’exploitation de la 4G que devait lancer l’ARPT cinq mois après mon installation. Grace à Dieu et aux milliers de travailleurs de Mobilis, nous avons été classé Premier opérateur pour la licence 4G, et nos efforts pour son déploiement dans les délais contractuels ont été couronnés de succès puisque nous avons lancé le service officiellement le 1 octobre 2016 de Ouargla, alors que les deux autres concurrents n’ont pu lancer le service que quelques semaines plus tard.

Pour revenir à cette prétendue affaire d’attribution de marché à Iris, je dénonce le montant affiché de 3 Milliards de DA, qui en fait était le budget global approuvé par le conseil d’Administration de Mobilis, pour toutes les acquisitions de Téléphones et accessoires entrant dans le cadre de la mise en place des packs Téléphone plus abonnement, en vue de fidéliser la clientèle. Ce genre de packs existants dans tous les pays du Monde.

Or ce montant n’était au moment de mon arrivée, dispatché qu’entre des marques d’importation et une seule marque locale. Nous avons reçus des orientations des pouvoirs publics, afin d’encourager la production locale et les investisseurs algériens et de ne plus consacrer ce budget aux produits importés pour préserver les ressources en devises du pays.

Donc additivement à Condor qui avait déjà un contrat de partenariat avec Mobilis depuis 2014, les autres constructeurs locaux ont été contactés pour la signature des mêmes contrats à commandes, après leurs approbations par la commission interne des marchés. Ce qui fut fait avec IRIS et Stream dans un premier temps alors que les dossiers de Géant et de Kyowa devaient suivre.

Par ailleurs une contrainte technique avait fait en sorte qu’IRIS puisse recevoir en premier des commandes rapides de téléphones, à savoir le lancement de la technologie 4G. En effet, Iris était le « seul fabricant local » à l’époque du lancement de la 4G à pouvoir offrir un téléphone compatible avec la technologie 4G, et à un prix abordable à tel point que Mobilis a pu lancer un pack à moins de 10Mille Da, Téléphone et Abonnement à la 4G offerts. C’était le seul moyen pour acquérir le maximum de nouveaux clients avant que les concurrents ne puissent être opérationnels dans les wilayas que nous avons obtenues.

Enfin j’aurais aimé que vos « investigations poussées » vous amènent à apporter les réponses aux questions suivantes :

-A supposer qu’il y ait eu des retours de produits défectueux, est ce que le fournisseur a été payé, malgré un contrat prévoyant ce type d’incidents ? Et si oui est ce que c’est moi qui ai ordonné le paiement ?

-Qui a pris la décision après mon départ, d’arrêter les ventes ses packs 4G et la campagne de communication, faisant perdre à Mobilis son avance par rapport à ses concurrents ?

-Pourquoi citer une seule marque de téléphone alors que d’autres marques avaient quasiment le monopole avant mon arrivée avec des retours défectueux importants ?

-Pourquoi ne pas citer la performance managériale de Mobilis, où l’année 2016 a été depuis l’année 2004 date de sa création, la première année où l’entreprise publique est devenue le premier opérateur sur les 3 acteurs du marché tant en terme de nombre d’abonnés qu’en terme de chiffre d’affaire, une entreprise publique face à deux géants mondiaux ?

-Pourquoi ne pas enquêter sur les emplois actuels de ceux que vous citez dans votre article et découvrir le conflit d’intérêt manifeste ?

-Si j’étais personnellement en si bons termes avec des « lobbyistes », pourquoi ne m’avoir pas confirmé à la tête de Mobilis vus les résultats financiers historiques obtenus, et pire ne pas m’avoir permis de rejoindre mon poste au sein de la maison mère, malgré un contrat de cadre dirigeant de 5ans, jamais dénoncé ?

Les chiffres sont décidément têtus. En arrivant  le 3 décembre 2015,  Mobilis finissait 3éme et dernier des 3 opérateurs du marché, avec un chiffre d’affaires de 103 Milliards de DA, je quitte l’entreprise, 350 jours plus tard, avec un chiffre d’affaires  de 123 Milliards de Dinars, devenant premier  face à deux multinationales avec un taux de progression annuel de +23 %  pour l’année 2016 malgré que l’entreprise ait  eu à débourser 5 Milliards de Da au titre de la licence 4G et un Investissement en équipements  4G de 7 Milliards de Da.

Pour conclure, il est malheureux de voir qu’au moment, où vous semblez prôner la transparence dans la gestion des deniers publics, vous vous attaquez à ceux qui à leur corps défendant, ont eu à faire face à tous les lobbys de l’époque, pour finir justement par être écartés et voir arriver les graves scandales dans ce secteur que vous dénoncez souvent.

Dont Acte.

Mohamed Habib, ex-PDG de Mobilis 

Le 22 Juin 2019

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