En Algérie, c’est la stupéfaction qui règne à la suite du placement sous mandat de dépôt de plusieurs manifestants interpellés par les services de sécurité pour avoir brandi des drapeaux berbères. 

Même s’il s’agit d' »une décision absurde. (…) car Ils n’auraient même pas dû être interpellés », comme elle l’ a déclaré à la presse Aouicha Bekhti, les autorités algériennes ont bel et bien, pourtant, utilisé un argument juridique pour justifier ces détentions. Selon cette avocate membre du réseau contre la répression, la justice s’est appuyée sur l’article 75 de la Constitution algérienne qui indique que « tout citoyen a le devoir de protéger et de sauvegarder (…) l’unité de son peuple, ainsi que tous les attributs de l’Etat ».

Mais cette base légale n’a pas du tout été comprise ou admise par les militants et défenseurs des droits de l’homme. Preuve en est,  la stupéfaction était grande parmi les militants des droits de l’homme réunis à la sortie du tribunal de Sidi M’hamed. La décision de la justice algérienne leur paraît inédite depuis le début des manifestations en février. « Je suis très en colère. Le général Gaïd Salah [le chef d’état-major de l’armée] n’a rien compris. Il ne sait plus ce qui se passe dans son pays et il attise la division. On se fait accuser de crime pour un drapeau », a confié ainsi à franceinfo Othmane Aouameur, activiste et militant des droits de l’homme.

« Le pouvoir tente d’utiliser la carte de la division pour détourner le mouvement de son but. Ce n’est pas la justice qui décide, car celle-ci est toujours dans les mains du système », indique enfin Nassim Yassa, secrétaire national chargé de la jeunesse au sein du Rassemblement pour la culture et la démocratie.

 

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